Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

La journée de solidarité nécessite d’organiser et de suivre le temps de travail selon les modalités retenues dans l’entreprise.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 25 septembre 2026.
La journée de solidarité correspond à une journée supplémentaire de travail destinée à financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées. Mise en place en 2004, elle repose sur deux mécanismes distincts : une obligation de travail pour les salariés et une contribution financière à la charge des employeurs.
En pratique, elle ne correspond pas nécessairement au lundi de Pentecôte. Sa date et ses modalités dépendent de l’accord collectif applicable ou, à défaut, de la décision de l’employeur après consultation du comité social et économique (CSE).
Pour sécuriser son traitement, l’entreprise doit également distinguer la journée de solidarité effectuée par le salarié de la contribution solidarité autonomie (CSA) de 0,30 % déclarée en paie.
L’essentiel à retenir
La journée de solidarité a été instituée afin de contribuer au financement d’actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.
Le Code du travail lui donne deux composantes :
Ces principes sont prévus aux articles L. 3133-7 à L. 3133-12 du Code du travail. Légifrance
Contrairement à une idée encore fréquente, la journée de solidarité n’est plus automatiquement fixée au lundi de Pentecôte. Ce jour férié peut être retenu, mais d’autres modalités sont possibles.
La journée de solidarité concerne les salariés relevant du Code du travail ainsi que ceux relevant du Code rural. Elle s’applique notamment aux salariés en contrat à durée indéterminée ou déterminée, aux apprentis et aux salariés en contrat de professionnalisation. Ministère du Travail
Des règles particulières doivent toutefois être prises en compte pour certaines catégories.
Lorsque la journée de solidarité est fixée un jour férié, les salariés de moins de 18 ans ne peuvent en principe pas travailler, compte tenu des règles particulières applicables au travail des mineurs, sauf dérogations prévues pour certaines activités.
Si la journée est organisée un jour non férié, il faut examiner les conditions applicables au jeune salarié et les dispositions conventionnelles éventuelles.
Les cadres ayant réellement la qualité de cadres dirigeants au sens de l’article L. 3111-2 du Code du travail ne sont pas soumis aux dispositions des titres relatifs à la durée du travail et aux jours fériés, dans lesquels figure la journée de solidarité. Légifrance
Point de vigilance
Un salarié cadre n’est pas automatiquement un cadre dirigeant. Cette qualification répond à des critères légaux stricts d’autonomie, de responsabilité et de niveau de rémunération.
Les modalités d’accomplissement sont déterminées en priorité par un accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche.
L’accord peut notamment prévoir :
En l’absence d’accord collectif, l’employeur détermine lui-même les modalités après consultation du CSE, lorsqu’un comité est en place. Légifrance
En Alsace-Moselle, des règles supplémentaires protègent notamment les 25 et 26 décembre ainsi que le Vendredi Saint dans les conditions prévues par le droit local. Ministère du Travail
Oui. La journée de solidarité n’a pas nécessairement à être accomplie pendant une journée entière.
Elle peut être fractionnée en heures, à condition que l’organisation retenue corresponde effectivement au volume annuel de travail supplémentaire requis. Le ministère du Travail confirme expressément cette possibilité. Ministère du Travail
En pratique
Une entreprise peut, par exemple, répartir les 7 heures sur plusieurs journées au lieu d’imposer une journée complète, à condition de pouvoir identifier et suivre précisément les heures effectuées au titre de la journée de solidarité.
La durée dépend de l’organisation du temps de travail du salarié.
| Situation | Durée de la journée de solidarité |
|---|---|
| Temps complet mensualisé | 7 heures maximum sans rémunération supplémentaire |
| Temps partiel | Durée réduite proportionnellement à la durée contractuelle |
| Forfait annuel en jours | Une journée de travail |
| Salarié non mensualisé | Journée supplémentaire, mais travail normalement rémunéré |
Pour un salarié à temps partiel, la durée de 7 heures est proratisée en fonction de son horaire contractuel.
7 h × durée contractuelle du salarié / durée à temps complet applicable
Par exemple, pour un salarié travaillant 24 heures par semaine dans une entreprise où le temps complet est fixé à 35 heures :
7 × 24 / 35 = 4,8 heures, soit 4 h 48
Le Code du travail prévoit également que ces heures, dans la limite applicable, ne s’imputent pas sur le contingent annuel d’heures supplémentaires ni sur le nombre d’heures complémentaires du salarié à temps partiel. Elles ne donnent pas non plus lieu à contrepartie obligatoire en repos. Légifrance
Pour un salarié mensualisé, le travail accompli au titre de la journée de solidarité ne donne pas lieu à rémunération supplémentaire dans la limite de 7 heures, ou de la durée proratisée pour un salarié à temps partiel.
Pour un salarié en forfait annuel en jours, l’absence de rémunération supplémentaire est limitée à la valeur d’une journée de travail.
Les heures effectuées au-delà de la limite de 7 heures, ou de la durée proratisée pour les salariés à temps partiel, retrouvent leur régime normal de rémunération. Légifrance
La situation est différente pour les salariés non mensualisés, notamment certains travailleurs temporaires, saisonniers, intermittents ou travailleurs à domicile : ils effectuent bien une journée supplémentaire, mais sont normalement rémunérés pour le travail réalisé. Ministère du Travail
Un jour de repos attribué dans le cadre d’un accord d’aménagement du temps de travail peut être retenu dans les conditions prévues par l’article L. 3133-11.
En revanche, l’employeur ne peut pas décider de transformer un jour de congé payé légal en journée de solidarité. La Cour de cassation a déjà censuré une organisation qui revenait à remplacer la journée de solidarité par un jour de congé payé légal. Légifrance
La même prudence s’impose lorsqu’un jour de repos, un pont payé ou un avantage résulte d’un accord collectif : la journée de solidarité ne doit pas être organisée d’une manière contraire aux droits garantis par cet accord.
Point de vigilance
Avant de supprimer un jour de repos pour accomplir la journée de solidarité, identifiez précisément son origine : RTT issu d’un accord d’aménagement du temps de travail, congé payé légal, congé conventionnel, repos compensateur ou avantage collectif. Tous ces jours n’ont pas le même régime juridique.
Un salarié peut changer d’entreprise après avoir déjà accompli sa journée de solidarité au titre de l’année en cours.
S’il effectue une nouvelle journée de solidarité chez son nouvel employeur, les heures correspondantes doivent cette fois être rémunérées en supplément. Elles s’imputent également sur le contingent d’heures supplémentaires ou, pour un salarié à temps partiel, sur ses heures complémentaires et ouvrent droit à la contrepartie obligatoire en repos prévue par le texte.
Le salarié peut également refuser cette seconde journée sans que son refus constitue une faute ou un motif de licenciement. Légifrance
Lorsque la journée de solidarité a été régulièrement fixée, elle constitue une journée de travail pour le salarié concerné. Une absence injustifiée doit donc être traitée comme telle, en tenant compte de la situation individuelle du salarié et des éventuelles dispositions conventionnelles.
La Cour de cassation a notamment jugé que lorsque la journée de solidarité est fixée un jour férié précédemment chômé et payé du fait de la mensualisation, l’absence du salarié peut donner lieu à une retenue sur salaire correspondant au temps non travaillé. Légifrance
Avant toute sanction disciplinaire, l’employeur doit néanmoins vérifier la cause de l’absence et l’existence éventuelle d’une situation particulière justifiant le refus ou l’impossibilité de travailler à la date retenue.
La contribution solidarité autonomie (CSA) constitue le volet employeur du dispositif.
Son taux est fixé à 0,30 %. Elle est calculée sur la même assiette que les cotisations patronales d’assurance maladie et est entièrement à la charge de l’employeur. Légifrance
Sont redevables les employeurs soumis à la cotisation patronale d’assurance maladie. Il est donc inexact de présenter la CSA comme une contribution due par absolument tous les employeurs sans distinction.
Autre point important : la CSA reste due même si l’entreprise n’a pas organisé de journée de solidarité. L’obligation de contribution de l’employeur et l’organisation pratique de la journée travaillée doivent donc être distinguées. Service Public
La CSA est calculée au taux de 0,30 % sur l’assiette concernée et versée à l’Urssaf par l’intermédiaire de la déclaration sociale nominative (DSN).
Service Public indique qu’elle est déclarée mensuellement sous le code type de personnel (CTP) 100. Service Public
La CSA entre également dans le champ de la réduction générale dégressive unique des cotisations patronales. Urssaf
Le conseil CYCLO RH
Ne cherchez pas à faire correspondre mois par mois le montant de la CSA avec les heures réellement accomplies au titre de la journée de solidarité. La contribution est calculée sur les rémunérations soumises à son assiette, indépendamment de la date à laquelle l’entreprise organise les 7 heures de solidarité.
La journée de solidarité mêle organisation du temps de travail, rémunération et cotisations sociales. Une erreur de paramétrage peut conduire à rémunérer incorrectement les heures, à décompter un mauvais jour de repos ou à traiter à tort les heures comme supplémentaires.
CYCLO RH peut prendre en charge l’externalisation de la paie afin de sécuriser le traitement de la journée de solidarité et des cotisations associées.
L’externalisation de la gestion sociale permet également d’accompagner l’entreprise dans le suivi du temps de travail et l’application de ses dispositions conventionnelles.
Non. Le lundi de Pentecôte est seulement l’une des possibilités. Les modalités sont définies par accord collectif ou, en l’absence d’accord, par l’employeur après consultation du CSE.
La limite est fixée à 7 heures pour un salarié mensualisé à temps complet.
La durée de 7 heures est réduite proportionnellement à sa durée contractuelle de travail.
Oui. Elle peut être fractionnée en heures lorsque les modalités retenues permettent d’effectuer le volume de travail supplémentaire correspondant.
L’employeur ne peut pas imposer la suppression d’un jour de congé payé légal pour accomplir la journée de solidarité.
Non, dans la limite de 7 heures ou de la durée proratisée pour un salarié à temps partiel. Elles ne s’imputent pas non plus sur le contingent annuel d’heures supplémentaires.
Il peut être amené à travailler une nouvelle journée, mais celle-ci doit alors être rémunérée selon le régime prévu par le Code du travail. Il peut également la refuser sans commettre de faute.
Le taux de la CSA est fixé à 0,30 % de l’assiette applicable. Elle est exclusivement à la charge de l’employeur.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH vous accompagne dans le suivi du temps de travail et le traitement en paie de la journée de solidarité afin de fiabiliser les heures, les cotisations et les déclarations sociales.