Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Le régime fiscal de la prime de partage de la valeur évolue à compter du 1er janvier 2027.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 2 octobre 2026.
La prime de partage de la valeur (PPV) conservera en 2027 une grande partie de son régime social favorable, mais son traitement fiscal évoluera sensiblement pour certains salariés. Le changement concernera surtout les entreprises de moins de 50 salariés qui bénéficient encore, jusqu’au 31 décembre 2026, d’un régime renforcé pour les salariés rémunérés à moins de 3 SMIC.
À compter du 1er janvier 2027, la PPV restera exonérée de cotisations sociales dans les limites légales de 3 000 € ou 6 000 € par salarié et par année civile. En revanche, elle sera soumise à la CSG-CRDS et, lorsqu’elle est perçue directement par le salarié, à l’impôt sur le revenu. Son affectation à un plan d’épargne salariale ou à un plan d’épargne retraite d’entreprise permettra toutefois de conserver l’exonération d’impôt sur le revenu.
Pour les employeurs, cette évolution impose de distinguer clairement le régime social de la PPV, son traitement fiscal, son éventuelle affectation à l’épargne salariale et son incidence sur la paie. Les règles de mise en place, de modulation, de fractionnement et de non-substitution au salaire restent par ailleurs essentielles pour préserver les exonérations.
L’essentiel à retenir
Le principal changement ne résulte pas de la disparition de la PPV. Le dispositif demeure pérenne. C’est le régime temporaire renforcé prévu jusqu’au 31 décembre 2026 qui arrive à son terme.
Entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2026, lorsqu’une entreprise emploie moins de 50 salariés et verse une PPV à un salarié dont la rémunération des 12 mois précédents est inférieure à 3 SMIC annuels ajustés à sa durée contractuelle, la prime bénéficie, dans les limites applicables, d’une exonération particulièrement large : cotisations sociales, CSG-CRDS et impôt sur le revenu. Ce régime est expressément limité au 31 décembre 2026 par la loi. Légifrance
À compter du 1er janvier 2027, ce traitement privilégié disparaît. Le régime devient donc beaucoup plus homogène : dans les limites d’exonération, la PPV reste exonérée de cotisations sociales, mais elle est soumise à la CSG-CRDS. Lorsqu’elle est versée directement au salarié, elle devient également imposable à l’impôt sur le revenu.
| Traitement | Jusqu’au 31 décembre 2026 | À compter du 1er janvier 2027 |
|---|---|---|
| Situation comparée | Entreprise de moins de 50 salariés + salarié sous 3 SMIC | Même salarié et même entreprise |
| Cotisations sociales dans la limite légale | Exonérées | Exonérées |
| CSG-CRDS | Exonérées | Dues |
| Impôt si versement immédiat | Exonéré | Imposable |
| Impôt si affectation à un plan éligible | Exonéré | Exonéré dans les limites légales |
Pour les salariés qui étaient déjà soumis à la CSG-CRDS et à l’impôt sur le revenu en 2026 — notamment dans les entreprises d’au moins 50 salariés ou, dans les plus petites entreprises, lorsque la rémunération ne permettait pas de bénéficier du régime renforcé — l’évolution de 2027 est beaucoup moins importante.
Point de vigilance
Le régime présenté dans cet article correspond aux textes en vigueur au 2 octobre 2026. La règle applicable en 2027 est déjà programmée par la législation actuelle, mais une loi de finances ou une loi de financement de la Sécurité sociale adoptée avant le 1er janvier 2027 pourrait encore la modifier. Une vérification devra donc être réalisée avant les premiers versements de 2027.
En 2027, il faudra surtout distinguer l’exonération de cotisations sociales, qui demeure dans les plafonds légaux, de la CSG-CRDS et de l’impôt sur le revenu.
La loi conserve l’exonération de cotisations sociales salariales et patronales dans la limite globale de 3 000 € ou 6 000 € par bénéficiaire et par année civile. En revanche, l’exonération temporaire de CSG-CRDS applicable à certains salariés cesse à la fin de 2026. Légifrance
| Régime 2027 | PPV versée directement | PPV affectée à un plan éligible |
|---|---|---|
| Cotisations sociales dans les limites de 3 000 € / 6 000 € | Exonérées | Exonérées |
| CSG-CRDS | Due | Due |
| Impôt sur le revenu | Imposable | Exonéré sur la somme affectée, dans les limites légales |
| Disponibilité des sommes | Immédiate | Selon les règles d’indisponibilité du plan |
| Prise en compte dans la réduction générale | Oui | Oui |
Dans les entreprises d’au moins 250 salariés, le forfait social au taux de 20 % est également susceptible de s’appliquer à la PPV bénéficiant de l’exonération de cotisations, selon le régime auquel la loi assimile la prime. L’Urssaf retient déjà ce traitement pour le régime commun de la PPV. Urssaf
Le conseil CYCLO RH
À partir de 2027, évitez de présenter la PPV comme une prime « totalement exonérée ». Cette expression deviendra trompeuse : même lorsqu’aucune cotisation sociale de droit commun n’est due, la CSG-CRDS restera applicable et l’impôt sur le revenu dépendra du choix du salarié entre versement immédiat et affectation à un plan d’épargne éligible.
Le montant de la PPV n’est pas plafonné par la loi. L’employeur peut donc décider de verser une prime supérieure à 3 000 € ou 6 000 €. En revanche, seule la fraction comprise dans la limite d’exonération applicable bénéficie du régime social favorable.
| Plafond | Conditions principales |
|---|---|
| 3 000 € | Plafond de droit commun par bénéficiaire et par année civile. |
| 6 000 € | Employeur soumis à la participation mettant en œuvre un dispositif d’intéressement, ou employeur non soumis à la participation mettant en œuvre un dispositif d’intéressement ou de participation volontaire, dans les conditions prévues par la loi. |
Le dispositif permettant de porter la limite à 6 000 € doit être mis en œuvre à la date de versement de la PPV ou avoir été conclu au titre du même exercice. Des règles particulières sont prévues pour certaines associations, fondations et certains établissements ou services d’accompagnement par le travail (ESAT). Légifrance
En pratique
Une entreprise relevant du plafond de 3 000 € peut décider de verser une PPV de 4 000 €. La prime reste valable, mais la fraction de 1 000 € dépassant le plafond ne bénéficie plus de l’exonération sociale de la PPV et doit être traitée selon le régime de droit commun. Le plafond doit être apprécié globalement sur l’ensemble des PPV attribuées au salarié au cours de l’année.
La PPV peut notamment bénéficier aux salariés liés à l’entreprise par un contrat de travail, y compris les apprentis, ainsi qu’aux intérimaires dans les conditions particulières prévues pour l’entreprise utilisatrice. Les stagiaires, qui ne sont pas titulaires d’un contrat de travail, ne bénéficient pas de la PPV ouvrant droit à l’exonération.
Le document instituant la prime doit déterminer la date à laquelle la condition de présence est appréciée. La loi permet de retenir la date de versement de la prime, la date de dépôt de l’accord ou la date de signature de la décision unilatérale de l’employeur. Légifrance
L’accord ou la décision unilatérale peut également prévoir un niveau maximal de rémunération au-delà duquel les salariés ne bénéficient pas de la prime. Ce seuil conventionnel ne doit pas être confondu avec l’ancien seuil fiscal de 3 SMIC : le régime renforcé lié aux 3 SMIC disparaît en 2027, mais la possibilité de définir un plafond de rémunération pour l’éligibilité à la PPV demeure.
Lorsque le montant varie entre les bénéficiaires, seuls les critères prévus par la loi peuvent être utilisés :
Certains congés familiaux sont assimilés à du temps de présence effective et ne peuvent donc pas entraîner une réduction de la prime fondée sur le critère de présence.
La règle de non-substitution est fondamentale. Une PPV ne peut remplacer aucun élément de rémunération déjà versé ou devenu obligatoire en application de la loi, du contrat de travail, d’un accord collectif ou d’un usage. Elle ne peut pas davantage se substituer à une augmentation de salaire ou à une prime prévue par un accord salarial. Légifrance
À lire également
Pour distinguer la PPV d’une prime de rémunération pouvant résulter du contrat, d’un accord collectif ou d’un usage d’entreprise : Prime de fin d’année ou 13ème mois.
La PPV peut être instituée par un accord d’entreprise ou de groupe conclu selon les modalités prévues par les textes, ou par une décision unilatérale de l’employeur (DUE).
En cas de décision unilatérale, le Code prévoit une consultation préalable du comité social et économique lorsqu’il existe. Il ne s’agit donc pas simplement de remettre une information au CSE après la décision. Légifrance
Le document de mise en place doit être suffisamment précis pour permettre d’identifier notamment :
Le conseil CYCLO RH
Évitez les DUE très courtes qui se limitent à indiquer un montant et une date de paiement. Les difficultés apparaissent généralement lors du calcul : salarié entré en cours d’année, temps partiel, absence, changement de classification ou seuil de rémunération. Les règles de modulation doivent être prévues avant le versement et être suffisamment claires pour être appliquées de façon identique à tous les salariés placés dans une situation comparable.
Depuis le 1er décembre 2023, l’employeur peut attribuer deux PPV distinctes au titre d’une même année civile.
Le versement de la prime ou des deux primes peut également être fractionné, sous réserve des règles prévues par le texte. La loi fixe en principe une limite d’un versement par trimestre au cours de l’année civile. L’Urssaf précise toutefois que cette limite n’empêche pas deux PPV distinctes de donner lieu chacune à un versement au cours d’un même trimestre. Urssaf
La possibilité de verser deux primes ne double pas le plafond d’exonération. Les limites de 3 000 € ou 6 000 € sont appréciées globalement par bénéficiaire et par année civile.
Une entreprise relevant du plafond de 3 000 € verse à un salarié une première PPV de 2 000 €, puis une seconde de 2 000 € au cours de la même année.
4 000 € de PPV versées – plafond annuel de 3 000 € = 1 000 € hors exonération sociale PPV
Le fait d’avoir établi deux DUE distinctes ne permet donc pas de bénéficier deux fois du plafond de 3 000 €.
À partir de 2027, l’affectation de la PPV à un plan d’épargne salariale ou à un plan d’épargne retraite d’entreprise devient l’un des principaux leviers permettant au salarié de conserver une exonération d’impôt sur le revenu.
La loi prévoit que tout ou partie de la PPV affectée à un plan éligible est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite du plafond de 3 000 € ou 6 000 € applicable à la prime. Cette affectation ne supprime toutefois pas la CSG-CRDS en 2027. Légifrance
Le salarié dispose d’un délai maximal de 15 jours à compter de la réception du document l’informant du montant attribué pour demander l’affectation de tout ou partie de sa PPV au plan. Lorsque l’entreprise dispose d’un plan éligible, chaque PPV doit faire l’objet d’une fiche distincte du bulletin de paie indiquant notamment le montant de la prime, la CSG-CRDS retenue lorsqu’elle est due, la possibilité d’affectation et le délai de réponse. Légifrance
Si le règlement du plan le permet, la PPV affectée à l’épargne peut également bénéficier d’un abondement de l’employeur. En contrepartie, les sommes investies sont soumises aux règles d’indisponibilité du plan : un PEE implique par exemple en principe une indisponibilité de plusieurs années, sauf cas de déblocage anticipé.
Point de vigilance
En 2027, placer la PPV ne permettra pas d’éviter la CSG-CRDS. L’avantage fiscal du placement portera sur l’impôt sur le revenu. En outre, la PPV bénéficiant de cette exonération fiscale reste comprise dans le revenu fiscal de référence dans les conditions prévues par la loi. Le salarié doit donc arbitrer entre disponibilité immédiate des fonds, fiscalité et immobilisation de l’épargne.
La PPV doit apparaître sur le bulletin de paie. Compte tenu de son régime spécifique, l’Urssaf recommande de l’identifier sur une ligne distincte.
Dans sa documentation disponible au 2 octobre 2026, l’Urssaf prévoit notamment le CTP 510 pour déclarer la PPV en DSN, le CTP 260 lorsque la CSG-CRDS est due et le CTP 012 lorsque le forfait social est applicable. La fraction dépassant la limite d’exonération est déclarée avec les CTP de cotisations de droit commun. Urssaf
Ces modalités déclaratives devront être revérifiées pour les paies 2027, notamment au regard du cahier technique DSN et des éventuelles évolutions publiées d’ici le premier versement.
Depuis 2025, la PPV est prise en compte dans la rémunération servant au calcul de la réduction générale des cotisations. Cette règle s’applique que la PPV soit versée directement au salarié ou affectée à un plan d’épargne. Elle intervient pour apprécier le seuil d’éligibilité, déterminer le coefficient et calculer le montant de la réduction. Urssaf
En pratique
Une PPV peut donc être exonérée de cotisations sociales tout en ayant un effet indirect sur le coût employeur : en augmentant la rémunération retenue pour la réduction générale, elle peut diminuer le montant de l’allègement patronal. Il est utile de simuler cet impact avant de comparer le coût d’une PPV à celui d’une prime classique.
Il faut éviter un raccourci fréquent : la PPV n’est pas devenue systématiquement obligatoire dans toutes les entreprises de 11 à 49 salariés.
Une expérimentation de partage de la valeur s’applique pendant cinq ans aux entreprises d’au moins 11 salariés qui ne sont pas soumises à l’obligation légale de participation et qui ont réalisé, pendant 3 exercices consécutifs, un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % du chiffre d’affaires. L’obligation s’applique au titre de l’exercice suivant. Légifrance
L’entreprise concernée peut satisfaire à cette obligation de plusieurs manières :
La PPV est donc l’une des solutions possibles, et non l’unique dispositif imposé. Les entreprises individuelles sont notamment exclues de cette obligation expérimentale dans les conditions prévues par le texte.
Point de vigilance
Une entreprise de 11 à 49 salariés ne doit donc pas décider automatiquement de verser une PPV en considérant qu’elle est obligatoire. Il faut d’abord vérifier si elle entre dans le champ de l’expérimentation, puis identifier le dispositif de partage de la valeur déjà éventuellement en place et déterminer la solution la plus adaptée.
Le régime avantageux de la PPV suppose de respecter à la fois les conditions de fond et les modalités définies dans le document de mise en place.
À partir de 2027, la PPV nécessitera une attention particulière sur le bulletin : CSG-CRDS, traitement fiscal, fraction éventuellement affectée à l’épargne, plafonds d’exonération, réduction générale et déclaration en DSN devront être correctement articulés.
CYCLO RH peut prendre en charge l’externalisation de la paie afin d’intégrer la PPV aux bulletins et aux déclarations sociales selon le régime applicable à chaque salarié.
Dans le cadre d’une gestion sociale externalisée, l’entreprise peut également être accompagnée dans le suivi des conditions d’attribution, des bénéficiaires et des éléments nécessaires à la mise en œuvre du dispositif.
Un audit et contrôle de paie permet enfin de vérifier les PPV déjà versées, les plafonds appliqués, leur traitement social et leur cohérence avec les DSN produites.
Le régime renforcé permettant aux salariés rémunérés sous 3 SMIC dans les entreprises de moins de 50 salariés d’être exonérés de CSG-CRDS et d’impôt prend fin. La PPV reste exonérée de cotisations sociales dans les limites légales mais devient soumise à la CSG-CRDS et, si elle est perçue directement, à l’impôt sur le revenu.
Oui, dans la limite globale de 3 000 € ou, lorsque les conditions sont réunies, 6 000 € par bénéficiaire et par année civile. La fraction dépassant le plafond applicable est soumise au régime social de droit commun.
Non en 2027. Le placement permet de conserver l’exonération d’impôt sur le revenu sur la somme affectée dans les limites légales, mais il ne supprime pas la CSG-CRDS.
Non. Le plafond normal est de 3 000 €. Le plafond de 6 000 € suppose notamment la mise en œuvre d’un dispositif d’intéressement ou, selon la situation de l’entreprise au regard de la participation, d’intéressement ou de participation volontaire. Certaines structures bénéficient de règles particulières.
Pas du seul fait qu’il s’agit de deux primes. Deux PPV peuvent être attribuées, mais le plafond de 3 000 € ou 6 000 € est global par salarié et par année civile.
Pas nécessairement. Certaines entreprises de cette taille sont soumises à une obligation expérimentale de partage de la valeur lorsqu’elles remplissent les conditions légales, mais elles peuvent choisir entre plusieurs dispositifs. La PPV n’est que l’une des solutions possibles.
Oui. L’apprenti est titulaire d’un contrat de travail et bénéficie de la PPV dans les mêmes conditions que les autres salariés lorsqu’il entre dans le champ défini par l’accord ou la DUE. En revanche, un stagiaire n’est pas éligible à la PPV bénéficiant du régime d’exonération.
Non lorsqu’une prime de fin d’année est déjà obligatoire en application d’un contrat, d’un accord collectif, d’une disposition légale ou d’un usage. La PPV ne peut pas être utilisée pour remplacer un élément de rémunération existant.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH vous accompagne pour vérifier les conditions d’attribution de la PPV, son traitement fiscal et social, son intégration au bulletin de paie et sa déclaration en DSN afin d’appliquer correctement le nouveau régime 2027.