Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

La convention collective Coiffure encadre notamment les classifications, salaires, primes, temps de travail et règles applicables aux apprentis.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 6 octobre 2026.
La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596) encadre de nombreux aspects de la gestion des salariés d’un salon de coiffure : classification, salaire minimum, prime d’ancienneté, rémunération variable, durée du travail, temps partiel, apprentissage, repos dominical ou encore jours fériés.
Pour l’employeur, ces dispositions ont des conséquences directes sur la paie. Il ne suffit pas d’appliquer le SMIC ou les règles générales du Code du travail : il faut également identifier la classification du salarié, comparer les minima applicables et traiter correctement les particularités prévues par la convention collective.
Cette convention est d’autant plus importante que le secteur emploie de nombreux salariés à temps partiel et apprentis et que l’organisation des salons génère régulièrement des problématiques de planning, d’heures complémentaires, de travail le samedi, de rémunération variable ou de jours fériés.
L’essentiel à retenir
La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes du 10 juillet 2006 est identifiée par le numéro IDCC 2596. Elle constitue le texte conventionnel de référence pour les entreprises entrant dans son champ d’application. Légifrance
Son application ne se limite pas aux coiffeurs qui réalisent directement des prestations techniques. La convention comporte également des classifications concernant notamment des emplois connexes, administratifs, non techniques ou liés à l’esthétique-cosmétique lorsqu’ils relèvent du champ conventionnel.
Identifier correctement la convention collective est une première étape. Pour établir la paie, il faut ensuite déterminer le poste réellement occupé, la classification correspondante et les dispositions conventionnelles applicables à la situation du salarié.
Pour les emplois techniques de coiffure, la grille distingue plusieurs niveaux et échelons. On retrouve notamment les fonctions de coiffeur débutant, coiffeur, coiffeur confirmé, coiffeur qualifié, coiffeur hautement qualifié, assistant manager ou encore manager.
La classification ne doit pas être choisie uniquement en fonction du salaire que l’employeur souhaite verser. Elle doit correspondre aux fonctions, compétences, responsabilités et degré d’autonomie réellement exercés par le salarié.
Point de vigilance
Une classification insuffisante peut entraîner un rappel de salaire lorsque les fonctions réellement exercées correspondent à un niveau supérieur. Avant une embauche ou une évolution de poste, il est donc préférable de contrôler le contenu des fonctions plutôt que de reprendre mécaniquement la classification d’un précédent salarié.
L’avenant n° 51 du 3 décembre 2025 a revalorisé les rémunérations minimales de la branche. Il a été étendu par arrêté du 17 février 2026 publié au Journal officiel du 24 février et est applicable à compter du 1er mars 2026. Légifrance
Pour les emplois de la filière technique de la coiffure, les minima mensuels pour 151,67 heures sont les suivants :
| Classification | Emploi | Minimum conventionnel |
|---|---|---|
| Niveau 1 – Échelon 1 | Coiffeur(se) débutant(e) | 1 843 € |
| Niveau 1 – Échelon 2 | Coiffeur(se) | 1 843 € |
| Niveau 1 – Échelon 3 | Coiffeur(se) confirmé(e) | 1 845 € |
| Niveau 2 – Échelon 1 | Coiffeur(se) qualifié(e) ou technicien(ne) | 1 869 € |
| Niveau 2 – Échelon 2 | Coiffeur(se) hautement qualifié(e) ou technicien(ne) qualifié(e) | 1 944 € |
| Niveau 2 – Échelon 3 | Coiffeur(se) très hautement qualifié(e), assistant(e) manager ou technicien(ne) hautement qualifié(e) | 2 055 € |
| Niveau 3 – Échelon 1 | Manager | 2 183 € |
Les niveaux supérieurs et certaines fonctions d’animation de réseau disposent de minima plus élevés. Lors de chaque embauche ou évolution de classification, il convient donc de se reporter à la grille complète en vigueur.
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut est fixé à 12,31 € par heure, soit 1 867,02 € par mois pour 151,67 heures. Certains premiers minima de la grille Coiffure sont donc devenus inférieurs au SMIC. Dans ce cas, l’employeur doit appliquer le minimum légal plus favorable. Ministère du Travail
Le conseil CYCLO RH
Ne contrôlez jamais un salaire uniquement à partir de la grille conventionnelle. Il faut comparer le minimum correspondant à la classification, le SMIC en vigueur et le salaire contractuel, puis retenir le montant qui doit effectivement être garanti au salarié.
L’avenant n° 51 fixe également les montants de la prime d’ancienneté. Celle-ci évolue par paliers en fonction du nombre d’années d’ancienneté dans l’entreprise.
| Ancienneté dans l’entreprise | Montant mensuel |
|---|---|
| À partir de 5 ans | 36 € |
| À partir de 7 ans | 49 € |
| À partir de 9 ans | 64 € |
| À partir de 12 ans | 82 € |
| À partir de 15 ans | 99 € |
| À partir de 20 ans | 117 € |
Le passage d’un seuil d’ancienneté doit donc être suivi dans le dossier salarié afin que le nouveau montant soit appliqué au bon moment.
En pratique
Lors d’une reprise de dossier de paie, vérifiez systématiquement la date d’ancienneté enregistrée et le montant de prime figurant sur les derniers bulletins. Une date erronée peut générer une anomalie récurrente pendant plusieurs mois ou plusieurs années.
La branche de la coiffure comporte une particularité importante : elle prévoit un dispositif de rémunération variable individuelle lié à un objectif de chiffre d’affaires.
L’objectif mensuel minimum est calculé à partir du salaire de base conventionnel ou contractuel correspondant à l’horaire collectif pratiqué dans le salon, augmenté le cas échéant des heures supplémentaires, puis multiplié par un coefficient de 3,4.
Lorsque le chiffre d’affaires mensuel hors taxes généré par le salarié dépasse cet objectif, la rémunération variable est calculée en appliquant à la différence un pourcentage déterminé par l’employeur qui ne peut être inférieur à 10 %. Le dispositif, lorsqu’il est mis en place, doit être formalisé individuellement dans le contrat de travail ou par avenant et la part variable apparaît distinctement sur le bulletin. Légifrance
Point de vigilance
Une commission sur le chiffre d’affaires ou une prime commerciale ne doit pas être paramétrée de manière approximative. Il faut vérifier la clause contractuelle, l’assiette retenue, l’objectif applicable et le taux de rémunération variable avant de calculer la paie.
Comme dans les autres secteurs, la durée légale de référence reste fixée à 35 heures par semaine. La convention de la Coiffure comporte toutefois plusieurs dispositions propres à l’organisation du travail : répartition hebdomadaire, durée journalière, amplitude, journée interrompue ou continue, heures supplémentaires et dispositifs d’aménagement du temps de travail.
Elle prévoit notamment la possibilité d’une organisation modulée du temps de travail dans les conditions conventionnelles applicables, afin d’adapter l’activité aux variations de fréquentation du salon. Légifrance
En pratique, les difficultés apparaissent souvent moins sur le principe des 35 heures que sur le planning réellement exécuté : journées longues, coupures, changements d’horaires, heures dépassant le contrat ou concentration de l’activité en fin de semaine.
Le conseil CYCLO RH
Le bulletin de salaire ne suffit pas à sécuriser la durée du travail. Conservez des plannings fiables et un suivi des heures réellement effectuées, particulièrement lorsque les horaires varient d’une semaine à l’autre.
Le temps partiel est fréquent dans le secteur et constitue l’un des principaux points de vigilance de la convention. Le contrat doit préciser la durée prévue et les limites dans lesquelles des heures complémentaires peuvent être réalisées.
La convention prévoit en principe que le nombre d’heures complémentaires ne peut dépasser un dixième de la durée prévue au contrat. Elle prévoit toutefois, dans certaines situations de remplacement d’un salarié absent, la possibilité de porter cette limite à un tiers selon les conditions conventionnelles et avec un délai de prévenance adapté. Les heures complémentaires ne doivent pas avoir pour effet de porter le salarié au niveau de la durée légale du travail. Légifrance
Il faut également distinguer les heures complémentaires ponctuelles d’une augmentation temporaire ou durable de la durée contractuelle. Modifier régulièrement le planning sans analyser cette distinction peut conduire à une mauvaise utilisation du temps partiel.
En pratique
Un salarié engagé pour 23 heures qui travaille temporairement 29 heures ne doit pas être traité comme si son contrat avait toujours prévu 29 heures. Il faut déterminer si la situation relève d’heures complémentaires, d’un avenant temporaire ou d’une modification durable du contrat et appliquer le régime correspondant.
L’apprentissage occupe une place importante dans le secteur de la coiffure. La convention comporte un chapitre spécifique consacré à l’apprentissage ainsi que des dispositions conventionnelles sur la rémunération des apprentis.
Le montant à verser ne doit pas être déterminé à partir d’un pourcentage choisi isolément. Il dépend notamment de l’âge de l’apprenti, de l’année d’exécution du contrat, de la formation préparée, de son parcours antérieur et de la comparaison entre le régime légal et les dispositions conventionnelles applicables. La branche prévoit notamment des règles particulières issues de l’avenant n° 28 du 2 juillet 2012. Légifrance
Les changements d’âge et le passage d’une année de contrat à la suivante doivent donc être surveillés, car ils peuvent modifier directement le salaire minimum applicable.
Point de vigilance
La rémunération de l’apprenti est un excellent exemple de règle qui doit être recalculée à partir de la situation exacte du contrat. Copier le taux d’un autre apprenti du salon peut conduire à une rémunération incorrecte.
La convention collective pose le repos dominical comme principe. Lorsqu’une dérogation légalement autorisée permet de faire travailler un salarié le dimanche, la convention prévoit notamment le volontariat, un délai de prévenance et des contreparties particulières.
Le travail d’un dimanche donne lieu à une journée de repos compensateur dans les deux semaines civiles suivantes et à une prime exceptionnelle égale à 1/24 du traitement mensuel du salarié. Légifrance
La convention garantit le chômage sans réduction de rémunération du 1er mai, du 25 décembre et du 1er janvier. Parmi les huit autres jours fériés, l’employeur ne peut en principe faire travailler le salarié que quatre jours au maximum ; ce plafond peut être porté à cinq sur appel au volontariat et avec accord écrit.
Lorsqu’un de ces jours fériés est travaillé, la convention prévoit soit une majoration de 100 % des heures effectuées, soit une journée de repos compensateur, sous réserve des dispositions légales applicables. Légifrance
La paie d’un salon de coiffure combine des règles générales et plusieurs particularités conventionnelles. Quelques contrôles permettent d’éviter une grande partie des anomalies récurrentes.
Le conseil CYCLO RH
Pour un salon comptant plusieurs salariés, établissez une fiche de contrôle synthétique indiquant pour chacun : classification, temps de travail, salaire contractuel, ancienneté, statut d’apprenti éventuel et éléments variables habituels. Ce référentiel facilite considérablement le contrôle mensuel des bulletins.
Entre les classifications, l’ancienneté, les apprentis, les temps partiels, les variables de rémunération et l’organisation des horaires, la paie d’un salon de coiffure nécessite un suivi conventionnel régulier.
CYCLO RH peut prendre en charge l’externalisation de la paie de votre salon : production et contrôle des bulletins, déclarations sociales, traitement des variables, absences, entrées et sorties.
L’externalisation de la gestion sociale peut également couvrir les formalités et le suivi administratif des salariés afin de conserver une gestion cohérente entre contrats, plannings, événements du personnel et paie.
La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes porte l’IDCC 2596.
Il dépend de la classification. Depuis le 1er juin 2026, il faut également vérifier le SMIC mensuel de 1 867,02 € pour un temps complet : lorsque le minimum conventionnel correspondant au salarié est inférieur, le minimum légal doit être respecté.
Oui. Elle débute à partir de 5 ans d’ancienneté dans l’entreprise et évolue ensuite par paliers. Depuis le 1er mars 2026, son montant va de 36 € à 117 € par mois selon l’ancienneté.
La convention prévoit un dispositif de rémunération variable individuelle lié à un objectif de chiffre d’affaires. Sa mise en œuvre doit cependant respecter les modalités conventionnelles et être formalisée individuellement.
Oui, dans les limites prévues par le contrat et les textes applicables. La convention encadre notamment le volume des heures complémentaires et leur délai de prévenance.
Oui. La branche comporte des dispositions spécifiques sur l’apprentissage et la rémunération. Le calcul doit être effectué à partir de la situation précise de l’apprenti et comparé aux minima légaux applicables.
Pour les jours fériés concernés par le régime conventionnel, la convention prévoit en principe une majoration de 100 % des heures travaillées ou une journée de repos compensateur, sous réserve des dispositions légales applicables.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH vous accompagne dans l’application de la convention collective Coiffure, le contrôle des classifications, des rémunérations, des temps de travail et des situations particulières afin de fiabiliser durablement la paie de vos salariés.