Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Le temps partiel dans la coiffure impose de distinguer durée contractuelle, heures complémentaires et compléments d’heures par avenant.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 7 octobre 2026.
Le temps partiel dans la coiffure obéit à des règles qui dépassent largement la simple mention d’un nombre d’heures dans le contrat. La convention collective nationale de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596) encadre notamment la durée minimale de travail, la répartition des horaires, les heures complémentaires et l’augmentation temporaire de la durée contractuelle par avenant.
Pour un salon, la difficulté consiste surtout à choisir le bon dispositif lorsqu’un salarié doit travailler davantage : quelques heures ponctuelles ne se traitent pas de la même manière qu’un passage temporaire de 23 à 29 heures pendant plusieurs semaines. Les limites, les majorations et les formalités à respecter sont différentes.
Confondre heures complémentaires et complément d’heures par avenant peut conduire à dépasser les plafonds conventionnels, appliquer une mauvaise majoration ou modifier durablement l’horaire du salarié sans avoir sécurisé la situation contractuelle.
L’essentiel à retenir
La convention collective Coiffure distingue clairement la durée prévue au contrat, les heures complémentaires effectuées ponctuellement au-delà de cette durée et les compléments d’heures qui augmentent temporairement la durée contractuelle par avenant.
Cette distinction est organisée notamment par l’avenant n° 38 du 21 janvier 2016 relatif aux modalités d’organisation du travail à temps partiel, étendu à l’ensemble de la branche. Légifrance
| Situation | Principe | Traitement |
|---|---|---|
| Durée contractuelle | Horaire habituel prévu par le contrat à temps partiel | Salaire de base correspondant à cette durée |
| Heures complémentaires | Heures ponctuelles effectuées au-delà de la durée prévue au contrat | Majoration de 12 % ou 25 % selon le seuil applicable |
| Complément d’heures | Augmentation temporaire de la durée contractuelle formalisée par avenant | Heures prévues par l’avenant majorées de 15 % |
| Dépassement de l’avenant | Heures réalisées au-delà de la nouvelle durée temporaire fixée par l’avenant | Heures complémentaires majorées de 25 % |
Point de vigilance
Une heure effectuée au-delà du contrat n’est pas automatiquement une heure supplémentaire. Pour un salarié à temps partiel, il s’agit en principe d’une heure complémentaire. Les heures supplémentaires concernent le salarié à temps complet au-delà de la durée légale ou conventionnelle applicable.
Le principe retenu par l’avenant n° 38 est une durée minimale rémunérée de 24 heures par semaine pour un salarié à temps partiel relevant de la branche. Des dérogations légales et conventionnelles permettent cependant de travailler en dessous de cette durée dans certaines situations.
Oui, dans le cadre particulier prévu pour les métiers techniques de la coiffure. La convention autorise une durée minimale de 16 heures hebdomadaires lorsque le salarié travaille exclusivement le vendredi et le samedi, à raison de 8 heures le vendredi et 8 heures le samedi. Légifrance
Cette dérogation ouvre également droit à une prime spécifique correspondant au salaire de base majoré de 5 %. La prime doit apparaître sur une ligne distincte du bulletin. Si la durée contractuelle évolue ensuite définitivement au-delà de 24 heures, cette contrepartie n’est plus due au titre de cette dérogation.
Oui. La convention rappelle notamment plusieurs exceptions légales, comme certains contrats courts ou les contrats conclus pour remplacer un salarié absent. Une durée inférieure peut également être demandée par le salarié pour faire face à des contraintes personnelles ou pour lui permettre de cumuler plusieurs activités dans les conditions prévues par le Code du travail. La branche prévoit dans plusieurs de ces situations une contrepartie salariale spécifique de 5 %. Légifrance
Le conseil CYCLO RH
Un contrat de 20 ou 23 heures n’est pas irrégulier par principe, mais il faut pouvoir identifier la dérogation qui autorise cette durée et vérifier les éventuelles contreparties conventionnelles. La seule volonté de l’employeur de proposer un petit horaire ne suffit pas.
Le contrat de travail à temps partiel doit être écrit et préciser notamment la durée contractuelle, sa répartition entre les jours de la semaine ou les semaines du mois, les conditions dans lesquelles cette répartition peut être modifiée et les limites dans lesquelles des heures complémentaires peuvent être demandées.
Il doit également prévoir les modalités selon lesquelles les horaires de chaque journée travaillée sont communiqués au salarié. Le Code du travail numérique rappelle ces mentions pour la convention collective Coiffure. Code du travail
En pratique
Avant de saisir un temps partiel dans le logiciel de paie, vérifiez le contrat signé. Une durée hebdomadaire correctement paramétrée ne suffit pas si la répartition des jours, les limites des heures complémentaires ou les modalités de modification du planning ne sont pas correctement formalisées.
En régime ordinaire, la convention collective limite les heures complémentaires à 1/10 de la durée hebdomadaire inscrite au contrat.
Pour un contrat de 25 heures par semaine, le plafond ordinaire est donc de :
25 heures × 1/10 = 2,5 heures complémentaires
Le salarié peut alors travailler jusqu’à 27,5 heures au titre de cette semaine, sous réserve du respect de son contrat et des autres règles applicables.
La convention prévoit une possibilité particulière lorsque les heures complémentaires sont nécessaires pour remplacer un salarié absent, notamment en raison de congés ou d’une maladie. Dans cette situation, leur nombre peut être porté jusqu’à 1/3 de la durée initiale du contrat.
Les heures réalisées au-delà du dixième nécessitent alors l’accord du salarié. Dans tous les cas, le cumul de la durée contractuelle et des heures complémentaires ne peut pas atteindre 35 heures au cours de la semaine. Légifrance
Point de vigilance
Le plafond de 1/3 ne constitue pas une autorisation générale de faire travailler davantage tous les salariés à temps partiel. Dans la convention Coiffure, l’extension au-delà de 1/10 est expressément rattachée au remplacement d’un salarié absent.
La convention Coiffure prévoit des majorations spécifiques selon le volume réalisé.
| Heures réalisées | Limite | Majoration |
|---|---|---|
| Heures complémentaires ordinaires | Jusqu’à 1/10 du contrat | 12 % |
| Heures au-delà de 1/10 | Jusqu’à 1/3 lorsqu’elles sont permises par la convention | 25 % |
| Heures prévues par un avenant de complément d’heures | Nouvelle durée temporaire prévue par l’avenant | 15 % |
| Heures au-delà de la durée fixée par l’avenant | Sans atteindre 35 heures | 25 % |
Ces taux doivent être distingués dans le traitement de la paie : une heure prévue dès l’origine dans un avenant de complément d’heures n’a pas le même régime qu’une heure complémentaire ponctuelle.
En pratique
Dans le logiciel de paie, identifiez séparément la durée contractuelle habituelle, les heures complémentaires et les heures résultant d’un avenant temporaire. Appliquer automatiquement la même rubrique et le même taux de majoration à tous les dépassements peut produire une paie erronée.
Lorsque l’entreprise sait à l’avance qu’elle a besoin d’augmenter temporairement la durée contractuelle d’un salarié à temps partiel, la convention permet de conclure un avenant de complément d’heures.
Les heures prévues par cet avenant deviennent, pendant sa période d’application, la nouvelle durée contractuelle temporaire. Elles ne sont donc pas juridiquement traitées comme des heures complémentaires ordinaires.
Le Code du travail autorise ce mécanisme lorsqu’un accord de branche étendu le prévoit et rappelle qu’il suppose un avenant au contrat de travail. Code du travail
Le conseil CYCLO RH
Si l’augmentation est connue à l’avance, concerne plusieurs heures chaque semaine et doit durer plusieurs semaines, ne multipliez pas artificiellement les heures complémentaires. Vérifiez d’abord si la situation doit être formalisée par un avenant de complément d’heures.
Prenons le cas d’une coiffeuse dont le contrat prévoit 23 heures par semaine. Le salon souhaite qu’elle travaille temporairement 29 heures par semaine pendant une période déterminée.
L’augmentation représente :
29 heures − 23 heures = 6 heures de plus au contrat
Le dixième de la durée contractuelle est seulement de :
23 heures × 1/10 = 2,3 heures
Demander systématiquement 6 heures complémentaires ordinaires chaque semaine dépasserait donc le plafond de 1/10 applicable hors situation particulière de remplacement.
Si l’augmentation à 29 heures est prévue à l’avance pour plusieurs semaines, le complément d’heures par avenant constitue le dispositif conventionnel adapté, à condition de respecter les limites applicables. Les 6 heures ajoutées par l’avenant sont alors majorées de 15 %.
| Élément | Exemple | Conséquence |
|---|---|---|
| Durée habituelle | 23 h/semaine | Durée inscrite au contrat initial |
| Nouvelle durée temporaire | 29 h/semaine | Doit être formalisée par l’avenant |
| Complément temporaire | 6 h/semaine | Majoration de 15 % |
| Durée maximale de l’ensemble des avenants | 12 semaines/an | Le calendrier doit être contrôlé avant signature |
Point de vigilance
Un projet d’augmentation temporaire prévu sur une période supérieure à 12 semaines dans l’année ne doit pas être traité mécaniquement comme un unique complément d’heures conventionnel. Il faut alors réexaminer l’organisation prévue, la durée réelle du besoin et, le cas échéant, envisager une modification durable du contrat si les parties souhaitent pérenniser l’augmentation.
À lire également
Pour replacer ces règles dans l’ensemble des obligations applicables aux salons de coiffure : Convention collective Coiffure (IDCC 2596) : salaires, primes et règles essentielles.
Le temps partiel suppose une organisation suffisamment prévisible. La convention prévoit que le contrat indique la répartition de la durée de travail et les cas dans lesquels celle-ci peut être modifiée.
Lorsque la modification entre dans les situations prévues au contrat, l’employeur doit la notifier au salarié au moins 7 jours ouvrés à l’avance. Le texte cite notamment les congés, la maladie ou l’absence imprévue d’un autre salarié parmi les motifs pouvant être prévus.
La convention précise également que la journée d’un salarié à temps partiel ne peut comporter plus d’une interruption d’activité et que cette interruption ne peut dépasser 2 heures. Légifrance
Lorsque le recours aux heures complémentaires est prévisible, l’employeur doit respecter un délai de prévenance de 3 jours selon les modalités prévues par l’avenant conventionnel. À défaut, le refus du salarié d’effectuer ces heures ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement.
En pratique
Un salon peut avoir besoin d’adapter ses effectifs aux rendez-vous ou aux absences, mais le planning ne doit pas devenir totalement variable d’une semaine à l’autre sans cadre. Contrat, délai de prévenance et suivi des heures doivent rester cohérents.
Les heures complémentaires sont destinées à répondre à des dépassements de la durée prévue au contrat dans les limites autorisées. Elles ne doivent pas servir à maintenir durablement un salarié sur un horaire contractuel artificiellement inférieur à son temps de travail réel.
Le Code du travail prévoit que lorsque, pendant 12 semaines consécutives ou pendant 12 semaines au cours d’une période de 15 semaines, l’horaire moyen réellement accompli dépasse d’au moins 2 heures par semaine l’horaire prévu au contrat, celui-ci est modifié sous réserve d’un préavis de 7 jours et sauf opposition du salarié. La nouvelle durée correspond alors à l’horaire initial augmenté de la différence constatée. Légifrance
Cette règle constitue un signal important pour l’employeur : lorsqu’un salarié travaille presque systématiquement au-delà de son contrat, il faut vérifier si la durée contractuelle correspond encore à la réalité de l’organisation du salon.
Le conseil CYCLO RH
Contrôlez périodiquement les heures réellement payées par rapport à la durée inscrite au contrat. Une succession de petites heures complémentaires peut sembler anodine bulletin par bulletin alors qu’elle révèle, sur plusieurs mois, un horaire habituel différent de celui qui a été contractualisé.
Pour éviter les erreurs, le contrôle ne doit pas commencer sur le bulletin mais sur le contrat et le planning réellement exécuté.
Point de vigilance
Le bon taux de majoration ne suffit pas à rendre une situation conforme. Une heure peut être correctement majorée sur le bulletin tout en ayant été réalisée au-delà d’une limite conventionnelle ou sans l’avenant nécessaire.
Dans un salon de coiffure, les horaires peuvent évoluer en fonction des rendez-vous, des absences, des périodes chargées ou des besoins temporaires de renfort. Ces contraintes opérationnelles doivent néanmoins rester compatibles avec le contrat et la convention collective.
CYCLO RH peut prendre en charge l’externalisation de la paie de votre salon afin de traiter les heures complémentaires, leurs majorations et les évolutions temporaires de durée du travail dans les bulletins.
Lorsque la durée du travail doit évoluer, l’externalisation de la gestion sociale permet également d’assurer la continuité entre les informations contractuelles, les avenants, les plannings transmis et leur traitement en paie.
Le principe est une durée minimale de 24 heures par semaine. Des dérogations existent toutefois, notamment pour certains coiffeurs travaillant exclusivement le vendredi et le samedi, pour lesquels la convention prévoit une durée minimale de 16 heures.
En principe, les heures complémentaires sont limitées à 1/10 de la durée prévue au contrat. La convention permet de porter cette limite à 1/3 lorsqu’elles sont justifiées par le remplacement d’un salarié absent, sans jamais atteindre 35 heures.
Les heures complémentaires réalisées dans la limite de 1/10 sont majorées de 12 %. Lorsque leur réalisation est autorisée au-delà de ce seuil et jusqu’à 1/3, elles sont majorées de 25 %.
L’heure complémentaire est une heure ponctuelle réalisée au-delà du contrat. Le complément d’heures augmente temporairement la durée contractuelle et nécessite la signature d’un avenant.
La convention limite en principe le nombre à 8 avenants par salarié et par an, avec une durée totale de 12 semaines. Le texte prévoit une exception au plafond du nombre d’avenants lorsqu’il s’agit de remplacer un salarié absent momentanément désigné.
Oui. Dans la convention collective Coiffure, les heures effectuées dans le cadre d’un avenant de complément d’heures sont majorées de 15 %. Les éventuelles heures effectuées au-delà de cette nouvelle durée sont majorées de 25 %.
Non dans le cadre du complément d’heures prévu par la convention : l’avenant ne peut pas avoir pour effet de porter la durée du salarié à la durée légale de 35 heures.
Non. Le contrat doit encadrer les cas dans lesquels la répartition peut être modifiée et la convention prévoit notamment un délai de prévenance de 7 jours ouvrés pour les modifications entrant dans ce cadre.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH vous accompagne pour rapprocher contrats, avenants, plannings et paie afin d’appliquer correctement les heures complémentaires, leurs majorations et les évolutions temporaires du temps de travail prévues par la convention collective de la coiffure.