Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Le congé supplémentaire de naissance permet à chaque parent salarié de prendre un ou deux mois supplémentaires, avec une indemnisation spécifique et des démarches à effectuer par l’employeur.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 18 septembre 2026.
Le congé supplémentaire de naissance est applicable depuis le 1er juillet 2026. Il permet à chaque parent concerné d’ajouter un ou deux mois de congé à son congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption.
Pour l’employeur, ce nouveau droit ne se résume pas à enregistrer une absence. Il faut contrôler les dates, vérifier les dispositions conventionnelles, traiter les indemnités journalières et la subrogation, puis accomplir les démarches adaptées auprès de l’Assurance Maladie et en DSN.
Qui peut en bénéficier ? Dans quel délai le congé doit-il être pris ? Quel montant est versé au salarié ? Quelles formalités appliquer en septembre 2026, puis à partir du 1er octobre ? Voici les règles essentielles pour sécuriser le congé supplémentaire de naissance en paie.
L’essentiel à retenir
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il complète les congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption, sans les remplacer.
Le salarié doit en principe avoir épuisé le congé auquel il avait précédemment droit. Une exception est prévue lorsqu’il n’a pas pu prendre tout ou partie de ce congé faute de pouvoir bénéficier de l’indemnisation correspondante.
Le départ en congé entraîne la suspension du contrat de travail. Il doit donc être distingué du congé de naissance de trois jours et suivi comme une absence autonome en paie. Légifrance
Point de vigilance
Le congé supplémentaire de naissance ne prolonge pas automatiquement le congé précédent. Le salarié choisit d’exercer ce droit, communique ses dates à l’employeur et doit respecter les conditions propres au nouveau dispositif.
Le congé est ouvert au salarié qui a bénéficié d’un congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption, sans condition d’ancienneté dans l’entreprise.
Il peut notamment concerner :
Le salarié n’a pas besoin d’être employé par la même entreprise que lors de son précédent congé. Le droit peut donc subsister après un changement d’employeur.
L’absence de condition d’ancienneté dans l’entreprise ne rend pas l’indemnisation automatique. Pour percevoir les indemnités journalières, le salarié doit notamment justifier de six mois d’affiliation à la Sécurité sociale à la date de début du congé.
Il doit également remplir l’une des conditions d’activité suivantes :
Ces conditions sont examinées par l’Assurance Maladie. Assurance Maladie
Point de vigilance
Le droit à l’absence dans l’entreprise et le versement des indemnités journalières relèvent de règles différentes. L’employeur ne doit pas se substituer à la caisse pour décider si les conditions d’indemnisation sont remplies.
Le salarié choisit entre :
Lorsque deux mois sont demandés, ils peuvent être pris en continu ou fractionnés en deux périodes distinctes d’un mois chacune. Le salarié ne peut pas répartir librement ces deux mois en semaines ou en journées.
Chaque période est calculée de date à date. Un mois commençant le 15 juillet se termine ainsi le 14 août inclus.
Oui. Les parents peuvent prendre leur congé simultanément ou à des périodes différentes. Chacun dispose de son propre droit lorsqu’il remplit les conditions applicables.
En pratique
Si les deux parents travaillent dans la même entreprise, leurs absences peuvent se chevaucher. Cette situation doit être anticipée, mais elle ne permet pas à l’employeur de modifier unilatéralement les dates régulièrement choisies.
La ou les périodes de congé doivent commencer dans les neuf mois suivant la naissance de l’enfant ou, en cas d’adoption, son arrivée au foyer.
Le délai de neuf mois porte sur le début de la période, et non sur sa date de fin. Lorsque les deux mois sont pris à la suite, le premier doit commencer au plus tard le dernier jour du neuvième mois. Lorsque le congé est fractionné, la seconde période doit elle-même avoir commencé avant l’expiration de ce délai.
Lorsque la durée du congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption est augmentée dans certaines situations, le délai de neuf mois est prolongé d’autant. La même règle s’applique lorsqu’une convention ou un accord collectif augmente la durée de ces congés. Légifrance
Pour les enfants nés ou arrivés au foyer entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le délai court à compter du 1er juillet 2026. Sont également concernées certaines naissances prématurées lorsque la naissance était initialement prévue à compter du 1er janvier 2026.
Dans ce régime transitoire, la période concernée doit donc commencer au plus tard le 31 mars 2027, sauf prolongation particulière.
En pratique
Un enfant né le 20 mars 2026 peut ouvrir droit au congé supplémentaire de naissance. Le salarié ne pouvait toutefois pas commencer ce congé avant l’entrée en vigueur du dispositif, le 1er juillet 2026.
Le salarié doit communiquer à son employeur :
Cette information doit être adressée au moins un mois avant le début du congé, par lettre recommandée avec avis de réception ou par remise contre récépissé.
Le délai est réduit à 15 jours lorsque deux conditions sont réunies :
En cas de changement d’employeur, le salarié qui n’a pas épuisé ses droits doit informer son nouvel employeur, dans un délai d’un mois, de la date de la période restante. Légifrance
Point de vigilance
Le délai de 15 jours n’est pas une règle générale applicable à tout congé pris à la suite d’un congé de paternité ou d’adoption. La condition liée au mois suivant la naissance ou l’arrivée au foyer doit également être remplie.
Non, lorsque le salarié remplit les conditions prévues.
Le congé supplémentaire de naissance constitue un droit. L’employeur ne peut ni le refuser ni en imposer le report pour une raison d’organisation. Le salarié n’adresse pas une demande d’autorisation : il informe l’employeur de l’exercice de son droit selon le délai et le formalisme applicables.
Point de vigilance
Une période de forte activité, l’absence simultanée d’un autre salarié ou une difficulté de remplacement ne suffisent pas à justifier un refus ou un report.
Pendant la suspension du contrat, l’indemnisation légale est assurée par l’Assurance Maladie sous forme d’indemnités journalières.
Au 1er janvier 2026, le plafond mensuel de la Sécurité sociale retenu est de 4 005 € bruts. L’indemnité journalière ne peut alors dépasser :
Les indemnités sont versées à terme échu, après la fin de chaque période. Lorsque les deux mois sont fractionnés, chaque fraction est indemnisée après son terme. Assurance Maladie
Les taux de 70 % et 60 % correspondent à l’indemnisation de l’Assurance Maladie. Ils ne créent pas, à eux seuls, une obligation légale pour l’employeur de maintenir la rémunération à ces niveaux.
La convention collective, un accord d’entreprise, le contrat de travail ou un engagement plus favorable doivent néanmoins être vérifiés afin de déterminer si un maintien ou un complément de salaire est dû.
En pratique
En l’absence de maintien et de subrogation, le versement à terme échu peut provoquer un décalage de trésorerie pour le salarié. Il est utile de lui expliquer clairement la différence entre la retenue d’absence sur le bulletin et le calendrier de paiement des IJSS.
Le traitement en paie doit suivre la période exacte choisie par le salarié et distinguer le congé supplémentaire :
En cas de fractionnement, les deux périodes doivent être enregistrées et contrôlées séparément. L’employeur doit également vérifier la méthode de retenue d’absence, l’éventuel maintien conventionnel et les dates réellement indemnisables.
Les indemnités journalières peuvent être versées directement au salarié ou à l’employeur lorsqu’une subrogation est mise en œuvre. La subrogation ne doit pas être confondue avec le maintien de salaire : elle désigne le bénéficiaire du versement des IJSS, tandis que le maintien dépend des règles applicables dans l’entreprise.
En cas de subrogation, le prélèvement à la source relatif aux IJSS du congé supplémentaire de naissance doit être collecté et déclaré par l’employeur selon les modalités applicables aux indemnités de maternité ou de paternité.
Point de vigilance
Un paramétrage conçu pour le congé de maternité ou de paternité ne doit pas être repris sans contrôle. Le congé supplémentaire comporte des taux d’indemnisation propres et une dégressivité entre le premier et le second mois.
Le salarié n’a en principe aucune démarche complémentaire à effectuer auprès de sa CPAM. Il remet sa demande et, si nécessaire, les justificatifs à l’employeur, qui transmet les informations utiles à l’Assurance Maladie.
Pendant la phase transitoire applicable aux salariés relevant de la CNAM, l’employeur complète le formulaire de transmission des périodes de congé supplémentaire de naissance. Il le dépose au format PDF depuis le compte entreprise accessible par Net-entreprises, dans le service « Gérer un dossier d’indemnités journalières ».
La transmission doit être effectuée dans les cinq jours suivant le début du congé. Une démarche est attendue pour chaque fraction lorsque les deux mois sont séparés. En revanche, un seul formulaire mentionnant les deux mois suffit lorsque le congé est pris en continu. Assurance Maladie
À partir de fin septembre, avec une mise en œuvre annoncée au 1er octobre 2026, la CNAM pourra exploiter les signalements DSN relatifs au congé supplémentaire de naissance. Le motif d’arrêt à renseigner dans la rubrique S21.G00.60.001 est :
Le formulaire ne disparaît pas à cette date : Net-entreprises indique qu’il doit être complété parallèlement au signalement puis déposé sur le compte entreprise. En cas de fractionnement, un signalement est attendu pour chaque période. Les informations du signalement doivent également être reportées dans la DSN mensuelle, à l’exception des données relatives à la subrogation. Net-entreprises
Point de vigilance
À la date de publication de cet article, il serait inexact de présenter le signalement DSN comme l’unique formalité. La procédure est en transition : les consignes opérationnelles doivent être vérifiées à la date exacte du départ en congé.
Le salarié peut reprendre son activité avant le terme prévu en cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer.
Il doit prévenir l’employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé, au moins huit jours avant la date de reprise souhaitée et joindre les justificatifs correspondants. L’employeur informe ensuite l’Assurance Maladie de cette reprise.
La suspension du contrat n’efface pas les droits attachés à la relation de travail. La durée du congé est assimilée à du travail effectif pour déterminer les droits liés à l’ancienneté, et le salarié conserve les avantages acquis avant son départ.
Pendant le congé, le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle.
L’employeur ne peut pas rompre le contrat pendant le congé supplémentaire de naissance. Une rupture reste possible s’il justifie d’une faute grave ou de l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance ou à l’arrivée de l’enfant. Légifrance
À l’issue du congé, le salarié retrouve son emploi précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente.
Le salarié qui reprend son activité initiale a également droit à l’entretien professionnel lorsqu’il n’a pas déjà été réalisé à l’issue du congé de maternité ou d’adoption.
Le traitement du congé supplémentaire de naissance mobilise à la fois l’administration du personnel, la paie et les déclarations sociales. Pour chaque demande, l’employeur doit notamment :
Pour un salarié multi-employeurs, les périodes de congé doivent être identiques auprès de tous les employeurs et pour chacune des activités concernées.
Le conseil CYCLO RH
Créez une fiche de suivi regroupant la demande, les dates du congé, le contrôle conventionnel, le traitement en paie et les justificatifs des transmissions effectuées. Cette traçabilité limite les écarts entre le bulletin, les périodes indemnisées et les données déclarées.
La création d’une rubrique d’absence ne suffit pas à sécuriser le congé supplémentaire de naissance. Le droit du salarié, la convention collective, le bulletin, les IJSS, la subrogation et la déclaration doivent rester cohérents.
CYCLO RH peut notamment vous accompagner pour :
Non. Le salarié peut choisir de prendre un ou deux mois, mais il n’est pas obligé d’exercer ce droit.
Non, lorsque le salarié remplit les conditions prévues et respecte la procédure applicable. Une difficulté d’organisation ne permet pas d’imposer un report.
Oui, mais uniquement en deux périodes d’un mois chacune. Le salarié ne peut pas fractionner librement le congé en semaines ou en journées.
Oui. Les parents peuvent prendre leur congé simultanément ou à des périodes différentes, chacun disposant de son propre droit.
L’indemnisation légale est versée par l’Assurance Maladie sous forme d’indemnités journalières. L’employeur peut les percevoir en cas de subrogation. Un éventuel maintien complémentaire doit être recherché dans les dispositions applicables à l’entreprise.
Oui. Sa durée est assimilée à une période de travail effectif pour déterminer les droits liés à l’ancienneté. Les avantages acquis avant le départ sont conservés.
Oui, si l’enfant est né ou arrivé au foyer à compter du 1er janvier 2026. Pour le premier semestre 2026, le délai de neuf mois commence le 1er juillet 2026. Certaines naissances prématurées sont également concernées.
En septembre 2026, la phase transitoire CNAM repose encore sur le formulaire déposé dans le compte entreprise. À partir de fin septembre, le signalement DSN portant le motif 20 doit être accompagné du formulaire. Une déclaration distincte est attendue pour chaque fraction.
Oui, uniquement en cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer. Le salarié doit prévenir son employeur au moins huit jours avant la reprise souhaitée et fournir les justificatifs correspondants.
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