Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Le congé supplémentaire de naissance permet à chaque parent salarié de prendre un ou deux mois supplémentaires, avec une indemnisation spécifique et des démarches à effectuer par l’employeur.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 7 octobre 2026.
Le congé supplémentaire de naissance est applicable depuis le 1er juillet 2026. Il permet à chaque parent salarié concerné de prendre un ou deux mois de congé supplémentaires après un congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption.
Pour l’employeur, ce dispositif implique plusieurs contrôles : dates du congé, délai de prévenance, éventuel fractionnement, traitement des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), maintien de salaire, subrogation et formalités déclaratives. Depuis octobre 2026, la procédure DSN est opérationnelle et doit être articulée avec le formulaire Excel toujours exigé par l’Assurance Maladie.
Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ? Dans quel délai doit-il être pris ? Comment est-il indemnisé ? Et surtout, quelles démarches l’employeur doit-il désormais effectuer en DSN ? Voici les règles à connaître pour sécuriser son traitement en paie.
L’essentiel à retenir
Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance constitue un nouveau congé distinct des congés de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant, d’adoption et du congé de naissance.
Le salarié qui a bénéficié d’un congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption bénéficie, après avoir épuisé ce droit, du congé supplémentaire de naissance. Une exception est prévue lorsqu’il n’a pas exercé tout ou partie du précédent congé faute de pouvoir bénéficier des indemnités ou allocations correspondantes. Le nouveau congé entraîne la suspension du contrat de travail. Légifrance
Point de vigilance
Le congé supplémentaire de naissance ne prolonge pas automatiquement le congé précédent. Il s’agit d’un droit autonome que le salarié choisit d’exercer en informant son employeur de la durée, des dates et, le cas échéant, du fractionnement souhaité.
Pour les salariés du secteur privé, le congé peut bénéficier à chacun des parents remplissant les conditions prévues. Il peut notamment concerner :
Le droit au congé n’est pas conditionné à une ancienneté minimale dans l’entreprise. Il peut également subsister en cas de changement d’employeur lorsque le salarié n’a pas épuisé ses droits.
Non. Il faut distinguer le droit à l’absence auprès de l’employeur des conditions permettant de percevoir les indemnités journalières. Les conditions d’ouverture du droit à indemnisation sont contrôlées par la caisse d’assurance maladie en fonction de la situation du salarié à la date de début du congé.
Pour le régime général, l’Assurance Maladie vérifie notamment les conditions d’affiliation et d’activité applicables aux indemnités liées à la maternité, à la paternité et à l’adoption. Assurance Maladie
Le conseil CYCLO RH
Ne refusez pas une absence au seul motif que vous doutez de l’indemnisation du salarié. Le droit au congé et le droit aux IJSS doivent être analysés séparément : la caisse reste compétente pour apprécier l’ouverture des droits à indemnisation.
Le salarié choisit une durée de :
Lorsque le salarié choisit deux mois, il peut les prendre de manière continue ou les fractionner en deux périodes d’un mois chacune. Il n’est donc pas possible de répartir librement le congé en semaines ou en journées.
Chaque mois est déterminé de date à date. Une période commençant, par exemple, le 15 octobre se termine le 14 novembre inclus.
Oui. Lorsque chacun remplit les conditions applicables, les parents disposent de droits individuels. Ils peuvent donc prendre leur congé supplémentaire de naissance simultanément ou à des périodes différentes.
En pratique
Si les deux parents travaillent pour le même employeur, leurs périodes peuvent se chevaucher. Une difficulté d’organisation ne permet pas de transformer ce droit en congé soumis à l’autorisation de l’employeur.
Pour un enfant né ou arrivé au foyer à compter du 1er juillet 2026, la ou les périodes de congé doivent débuter dans un délai de 9 mois à compter de la naissance ou, en cas d’adoption, de l’arrivée de l’enfant au foyer.
Lorsque la durée du congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption est augmentée dans les conditions prévues par la loi ou par une convention ou un accord collectif, ce délai de 9 mois est augmenté d’autant. Légifrance
Un régime transitoire s’applique aux enfants nés ou arrivés au foyer entre le 1er janvier et le 30 juin 2026. Pour ces situations, le congé peut être pris à compter du 1er juillet 2026 et doit en principe commencer au plus tard le 31 mars 2027.
Le même régime concerne certaines naissances prématurées intervenues avant le 1er janvier 2026 lorsque la naissance était initialement prévue à compter de cette date. Service Public
Point de vigilance
Lorsque le congé est fractionné, il ne suffit pas que la première période respecte le délai. Chaque période doit commencer dans le délai applicable.
Le salarié informe son employeur :
L’information doit être adressée à l’employeur au moins un mois avant le début du congé, par lettre recommandée avec avis de réception ou par remise contre récépissé.
Le délai est réduit à 15 jours lorsque le congé supplémentaire suit immédiatement un congé de paternité et d’accueil de l’enfant ou un congé d’adoption et que le salarié souhaite commencer son congé supplémentaire au cours du mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer.
En cas de changement d’employeur alors qu’une période de congé reste à prendre, le salarié informe son nouvel employeur, dans un délai d’un mois, de la date de la période restante.
Point de vigilance
Le délai de 15 jours ne s’applique pas automatiquement à tout congé supplémentaire pris juste après un congé de paternité ou d’adoption. Les deux conditions prévues par le texte doivent être réunies.
Non. Lorsque les conditions du dispositif sont remplies, le congé supplémentaire de naissance constitue un droit pour le salarié.
L’employeur ne peut ni refuser le congé ni imposer son report en raison d’une période de forte activité, d’une difficulté de remplacement ou de l’absence simultanée d’un autre salarié.
Le salarié n’adresse donc pas une demande d’autorisation au sens classique : il informe l’employeur de l’exercice de son droit dans les délais et selon les modalités prévus.
Pour les salariés remplissant les conditions d’ouverture des droits, l’indemnisation légale est assurée par l’Assurance Maladie sous forme d’indemnités journalières.
| Période | Indemnisation | Plafond journalier 2026 |
|---|---|---|
| Premier mois | 70 % du salaire net retenu, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale | 72,81 € |
| Second mois | 60 % du salaire net retenu, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale | 62,41 € |
Pour 2026, le plafond mensuel de la Sécurité sociale pris en compte est de 4 005 € bruts, soit un montant net de référence de 3 163,95 € après application du taux forfaitaire utilisé pour ce calcul.
Les indemnités sont versées à terme échu, c’est-à-dire après la fin de chaque période de congé. Lorsque deux mois sont pris, l’indemnisation intervient donc après chaque mois concerné. Assurance Maladie
Les taux de 70 % et 60 % correspondent à l’indemnisation versée par l’Assurance Maladie. Ils ne constituent pas, à eux seuls, une obligation légale de maintien du salaire par l’employeur.
Il faut néanmoins contrôler la convention collective, les accords applicables, le contrat de travail et les éventuels engagements ou usages plus favorables afin de déterminer si un maintien ou un complément de rémunération est dû.
En pratique
En l’absence de maintien de salaire et de subrogation, le versement des IJSS à terme échu peut entraîner un décalage de trésorerie pour le salarié. Il est utile de lui expliquer la différence entre la retenue d’absence figurant sur le bulletin et le calendrier de versement de l’Assurance Maladie.
Le congé supplémentaire de naissance doit être identifié comme une absence distincte des autres congés familiaux.
En cas de fractionnement, les deux périodes doivent être enregistrées et contrôlées séparément. Il faut notamment vérifier les dates exactes, la méthode de retenue d’absence, l’éventuel maintien conventionnel, le traitement des IJSS et la subrogation.
La subrogation et le maintien de salaire sont deux mécanismes différents. La subrogation détermine à qui l’Assurance Maladie verse les IJSS ; le maintien de salaire détermine la rémunération que l’employeur doit éventuellement garantir au salarié.
Lorsque la subrogation est mise en œuvre, son paramétrage doit être contrôlé en tenant compte des règles propres au congé supplémentaire de naissance et de la dégressivité de l’indemnisation entre le premier et le second mois.
Point de vigilance
Un paramétrage utilisé pour un congé de maternité ou de paternité ne doit pas être repris automatiquement. Le congé supplémentaire de naissance comporte notamment des taux d’indemnisation spécifiques de 70 % puis 60 %.
Depuis octobre 2026, la procédure déclarative applicable aux salariés relevant du régime général repose sur deux transmissions complémentaires. Le passage au signalement en Déclaration sociale nominative (DSN) n’a donc pas supprimé le formulaire spécifique mis en place lors du lancement du dispositif.
L’employeur doit transmettre :
Si le signalement DSN est indisponible, Net-Entreprises prévoit la réalisation d’une attestation de salaire depuis le Compte Entreprise ou en EDI MtoM. Le formulaire Excel demeure néanmoins obligatoire.
Le formulaire et le signalement DSN — ou l’attestation de salaire utilisée à sa place — doivent être transmis le même jour et dans un délai de 5 jours à compter du début du congé supplémentaire de naissance. L’ordre d’envoi des deux éléments est indifférent. Net-Entreprises
Le formulaire est déposé sur le Compte Entreprise. Les entreprises disposant de l’accès nécessaire peuvent également utiliser l’API de dépôt de pièces jointes.
Il est essentiel d’utiliser le fichier Excel prévu par l’Assurance Maladie et de le compléter intégralement : Net-Entreprises précise qu’aucun autre justificatif ne peut se substituer à ce formulaire pour cette démarche.
Le congé supplémentaire de naissance dispose d’un motif spécifique dans le signalement d’arrêt de travail :
20 – Congé supplémentaire de naissance
Lorsque le congé est fractionné en deux périodes d’un mois, chaque période doit être traitée conformément aux consignes déclaratives applicables.
Net-Entreprises apporte désormais une précision importante sur le dernier jour travaillé (DJT). En principe, il correspond à la date précédant le début du congé supplémentaire de naissance.
Une règle particulière s’applique lorsque le congé supplémentaire succède immédiatement à un congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou d’adoption : il faut alors reprendre le même dernier jour travaillé que celui déclaré pour le congé précédent.
Pour cette détermination, Net-Entreprises indique également que les congés payés et les congés conventionnels prévus par la convention collective sont considérés comme des jours travaillés.
En pratique
Lorsqu’un congé supplémentaire de naissance suit directement un congé de paternité, ne déclarez pas automatiquement comme DJT la veille du nouveau congé. Vérifiez d’abord le DJT utilisé pour le précédent signalement : c’est celui-ci qui doit être repris lorsque les deux congés s’enchaînent immédiatement.
Le salarié peut reprendre son activité avant le terme initialement prévu en cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer. Il doit avertir son employeur au moins 8 jours avant la date de reprise souhaitée, par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé, et joindre les justificatifs correspondants.
Depuis octobre 2026, pour les salariés relevant du régime général, l’employeur déclare cette reprise à l’Assurance Maladie par un signalement DSN de reprise de travail anticipée. Si ce signalement est indisponible, une attestation de salaire rectificative mentionnant la reprise peut être utilisée.
Le conseil CYCLO RH
Conservez ensemble le formulaire Excel transmis, le justificatif du signalement DSN ou de l’attestation de salaire et la preuve de leur date d’envoi. La règle du même jour rend cette traçabilité particulièrement utile en cas de retard d’indemnisation ou de demande de la caisse.
La durée du congé supplémentaire de naissance est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits liés à l’ancienneté. Le salarié conserve également les avantages acquis avant son départ.
Pendant le congé, le salarié ne peut exercer aucune autre activité professionnelle.
Le Code du travail prévoit une protection pendant le congé. L’employeur ne peut pas rompre le contrat pendant cette période, sauf notamment s’il justifie d’une faute grave ou de l’impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la naissance ou à l’arrivée de l’enfant.
À l’issue du congé, le salarié retrouve son emploi précédent ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins équivalente.
Le traitement administratif du retour doit donc inclure la reprise normale du contrat, des éléments de rémunération et des droits attachés à l’ancienneté.
Le congé supplémentaire de naissance mobilise à la fois l’administration du personnel, la paie et les déclarations sociales. Une procédure interne permet d’éviter les omissions, notamment depuis la mise en service du signalement DSN.
Pour un salarié exerçant simultanément auprès de plusieurs employeurs, une vigilance particulière est nécessaire afin de coordonner les périodes de cessation d’activité et les démarches effectuées au titre de chaque emploi.
Le congé supplémentaire de naissance illustre la technicité croissante de la paie : une absence familiale peut désormais combiner contrôle juridique, indemnisation dégressive, éventuelle subrogation, formalités spécifiques et signalement DSN.
CYCLO RH peut prendre en charge l’externalisation de la paie afin d’assurer le traitement des absences, des IJSS, des déclarations sociales et des événements affectant la rémunération des salariés.
Lorsqu’un dossier présente une anomalie ou qu’un paramétrage doit être contrôlé, un audit et contrôle de paie permet de rapprocher les règles applicables, les bulletins, les déclarations et le paramétrage du logiciel afin d’identifier les écarts.
Non. Le salarié peut choisir de bénéficier d’un ou deux mois de congé, mais il n’est pas obligé d’exercer ce droit.
Non, lorsque le salarié remplit les conditions prévues. Une difficulté d’organisation ou de remplacement ne permet pas à l’employeur d’imposer un report.
Oui. Les deux mois peuvent être consécutifs ou fractionnés, mais uniquement en deux périodes d’un mois chacune.
Oui. Chaque parent dispose de son propre droit lorsqu’il remplit les conditions prévues. Les congés peuvent donc être simultanés.
L’indemnisation légale est assurée par l’Assurance Maladie sous forme d’IJSS. Un maintien ou un complément de salaire peut néanmoins être prévu par une convention collective, un accord ou un engagement plus favorable.
Oui. La mise en service du signalement DSN n’a pas supprimé le formulaire. Le formulaire Excel et le signalement DSN doivent être transmis le même jour.
L’employeur doit transmettre les éléments nécessaires dans un délai de 5 jours à compter du début du congé supplémentaire de naissance.
L’employeur peut établir une attestation de salaire depuis le Compte Entreprise ou en EDI MtoM. Le formulaire Excel doit toujours être transmis parallèlement.
Lorsque les deux congés se suivent immédiatement, l’employeur reprend le même dernier jour travaillé que celui déclaré pour le congé de paternité, au lieu de retenir automatiquement la veille du congé supplémentaire.
Pour un salarié relevant du régime général, l’employeur effectue un signalement DSN de reprise de travail anticipée. Si ce signalement est indisponible, une attestation de salaire rectificative avec reprise de travail peut être utilisée.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
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