Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

La revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 modifie les minima de rémunération et nécessite plusieurs contrôles en paie, notamment pour les apprentis.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 22 septembre 2026.
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut horaire est fixé à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut par mois pour un salarié à temps plein soumis à la durée légale de 35 heures. Cette revalorisation de 2,41 % impose aux employeurs de contrôler les rémunérations dès la paie de juin.
Mais l’impact du SMIC 2026 ne se limite pas aux salariés directement rémunérés au salaire minimum. Apprentis, salariés en contrat de professionnalisation, minima conventionnels, heures supplémentaires et certains paramètres de cotisations peuvent également nécessiter une vérification.
Quels montants appliquer ? Quels éléments de rémunération comparer au SMIC ? Et quels contrôles effectuer dans le logiciel de paie ? Voici les principaux points de vigilance pour l’employeur.
L’essentiel à retenir
À compter du 1er juin 2026, le SMIC applicable en métropole ainsi qu’en Guadeloupe, Guyane, Martinique, à La Réunion, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon est fixé à :
À Mayotte, un montant spécifique s’applique. Le SMIC brut horaire y est fixé à 9,56 €, soit 1 449,93 € par mois pour 35 heures hebdomadaires. Legifrance
Le SMIC avait été fixé à 12,02 € brut par heure au début de l’année. Sa revalorisation au 1er juin représente donc une hausse de 2,41 %, soit 43,99 € brut supplémentaires par mois pour un temps plein rémunéré au SMIC. Ministère du Travail
Le SMIC n’est pas revalorisé uniquement au 1er janvier. Le Code du travail prévoit également une revalorisation automatique en cours d’année lorsque l’indice des prix à la consommation de référence progresse d’au moins 2 % depuis la précédente revalorisation.
Ce mécanisme a été déclenché au printemps 2026, conduisant à l’application du nouveau montant dès le 1er juin. Legifrance
Les salariés rémunérés au niveau du SMIC sont les premiers concernés. Mais le contrôle ne consiste pas simplement à vérifier que le salaire de base mensuel atteint 1 867,02 €.
Pour apprécier le respect du SMIC, il faut comparer le minimum légal avec les éléments de rémunération pouvant juridiquement être retenus pour cette comparaison.
Le salaire de base, les avantages en nature et certaines primes constituant un complément de salaire peuvent notamment être pris en compte. En revanche, les remboursements de frais professionnels, les majorations légales pour heures supplémentaires, les primes d’ancienneté ou encore certaines primes liées aux conditions particulières de travail sont exclues. Service-public.fr
Point de vigilance
Une rémunération globale supérieure à 1 867,02 € ne signifie donc pas automatiquement que le SMIC est respecté. Il faut identifier les éléments qui peuvent réellement entrer dans la comparaison.
La convention collective peut prévoir un salaire minimum supérieur au SMIC. L’employeur doit alors appliquer le minimum conventionnel correspondant à la classification du salarié.
À l’inverse, si un premier niveau de la grille conventionnelle devient inférieur au SMIC après une revalorisation, l’employeur ne peut pas continuer à rémunérer le salarié sur ce montant inférieur. Le respect du SMIC reste obligatoire.
Il convient donc de contrôler simultanément la classification du salarié, le minimum conventionnel correspondant et le SMIC en vigueur.
La rémunération minimale légale d’un apprenti est déterminée en fonction de son âge et de son année d’exécution du contrat. Elle correspond généralement à un pourcentage du SMIC.
La revalorisation intervenue au 1er juin 2026 augmente donc automatiquement les minima calculés sur le SMIC.
| Année du contrat | 16 à 17 ans | 18 à 20 ans | 21 à 25 ans | 26 ans et plus |
|---|---|---|---|---|
| 1re année | 27 % 504,09 € | 43 % 802,82 € | 53 % 989,52 €* | 100 % 1 867,02 €* |
| 2e année | 39 % 728,14 € | 51 % 952,18 € | 61 % 1 138,88 €* | 100 % 1 867,02 €* |
| 3e année | 55 % 1 026,86 € | 67 % 1 250,90 € | 78 % 1 456,27 €* | 100 % 1 867,02 €* |
Pour les apprentis de 21 à 25 ans, le pourcentage applicable doit être comparé au même pourcentage du salaire minimum conventionnel correspondant à l’emploi occupé lorsque celui-ci est plus favorable. À partir de 26 ans, l’apprenti doit percevoir au minimum le montant le plus élevé entre le SMIC et le salaire minimum conventionnel. Service-public.fr
En pratique
Lorsqu’un apprenti change de tranche d’âge ou d’année d’exécution du contrat, une nouvelle vérification de sa rémunération est nécessaire. La convention collective peut également prévoir des taux plus favorables que les minima légaux.
Pour les contrats d’apprentissage débutés depuis le 1er mars 2025, l’exonération de cotisations salariales est limitée à la fraction de rémunération n’excédant pas 50 % du SMIC. Avec le SMIC applicable depuis juin 2026, ce seuil correspond à 933,51 € par mois.
La fraction excédentaire est soumise aux cotisations salariales ainsi qu’à la CSG et à la CRDS selon les règles applicables. Les contrats commencés au plus tard le 28 février 2025 restent soumis à un régime différent. Service-public.fr
Le contrat de professionnalisation est également concerné lorsque sa rémunération minimale est calculée en pourcentage du SMIC.
| Âge | Niveau inférieur au bac professionnel | Bac professionnel ou niveau équivalent |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 55 % du SMIC 1 026,86 € | 65 % du SMIC 1 213,56 € |
| 21 à 25 ans révolus | 70 % du SMIC 1 306,91 € | 80 % du SMIC 1 493,62 € |
| 26 ans et plus | Au moins le SMIC, soit 1 867,02 €, ou 85 % du minimum conventionnel si ce montant est supérieur | |
Des dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables peuvent toutefois prévoir une rémunération supérieure. L’âge, le diplôme détenu et la convention collective doivent donc être vérifiés avant toute mise à jour du bulletin. Service-public.fr
La hausse du SMIC ne provoque pas automatiquement une augmentation des heures supplémentaires de tous les salariés.
En revanche, lorsqu’un salarié était rémunéré sur la base de l’ancien SMIC et que son taux horaire doit être porté à 12,31 €, les heures supplémentaires réalisées à compter de la revalorisation doivent être calculées à partir de ce nouveau taux, sous réserve des règles conventionnelles applicables.
À titre d’illustration, avec un taux de base de 12,31 € :
Le même raisonnement s’applique aux heures complémentaires d’un salarié à temps partiel lorsque son taux horaire de base doit être revalorisé.
Point de vigilance
Un salarié déjà rémunéré au-dessus du nouveau SMIC n’a pas droit, du seul fait de la revalorisation légale, à une augmentation proportionnelle de son salaire ou de son taux horaire. Une convention collective, un accord ou une clause contractuelle peut toutefois prévoir des dispositions plus favorables.
Le SMIC intervient dans plusieurs paramètres sociaux. Il faut toutefois éviter de considérer qu’une revalorisation en cours d’année modifie automatiquement tous les calculs utilisant le SMIC.
Depuis 2026, la réduction générale des cotisations patronales est remplacée par la réduction générale dégressive unique (RGDU).
Pour le calcul de la réduction applicable au titre de 2026, le décret du 12 juin 2026 prévoit une règle spécifique : la référence repose sur la valeur du SMIC en vigueur au 1er janvier 2026. La revalorisation du SMIC intervenue en juin ne doit donc pas être intégrée comme une simple substitution du taux de 12,02 € par celui de 12,31 € dans le calcul annuel.
L’Urssaf prévoit également une formule équivalente permettant d’utiliser la valeur du SMIC au 1er juin 2026 avec un coefficient adapté. Urssaf
Le conseil CYCLO RH
Une revalorisation du SMIC en cours d’année justifie de vérifier les paramétrages de paie, mais pas de modifier manuellement toutes les rubriques utilisant le SMIC. Certaines références obéissent à leurs propres règles de calcul ou de cristallisation.
Le versement d’une rémunération inférieure au minimum légal peut entraîner plusieurs conséquences pour l’employeur.
Le contrôle ne doit donc pas se limiter au montant affiché sur la première ligne du bulletin : la convention collective, les éléments composant la rémunération et le temps de travail du salarié doivent également être examinés. Ministère du Travail
Après une revalorisation du SMIC, plusieurs vérifications permettent de sécuriser les bulletins :
Ces contrôles sont particulièrement utiles lors d’une reprise de dossier ou lorsque plusieurs catégories de salariés sont rémunérées à proximité des minima. Un audit et contrôle de paie permet alors d’identifier les écarts et les éventuelles régularisations à envisager.
Une revalorisation du SMIC peut sembler simple à intégrer dans un logiciel de paie. En pratique, son impact dépend de la rémunération du salarié, de sa convention collective, de son temps de travail, de son statut et, pour les alternants, de son âge et de son contrat.
Gestionnaire de paie freelance certifié SILAE, CYCLO RH accompagne les TPE, PME et cabinets comptables dans la production, le contrôle et la sécurisation de leurs bulletins de salaire. L’externalisation de la paie permet notamment d’intégrer ces évolutions réglementaires tout au long de l’année.
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC est fixé à 12,31 € brut par heure, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires, hors montant spécifique applicable à Mayotte.
Non. L’employeur doit relever la rémunération lorsqu’elle n’atteint plus le minimum légal applicable. Un salarié déjà rémunéré au-dessus du SMIC ne bénéficie pas automatiquement d’une augmentation proportionnelle, sauf disposition conventionnelle, contractuelle ou collective plus favorable.
Oui lorsque sa rémunération minimale est déterminée en pourcentage du SMIC. Il faut toutefois vérifier son âge, l’année d’exécution du contrat et les éventuelles dispositions conventionnelles plus favorables.
Une grille conventionnelle peut temporairement comporter un montant inférieur au SMIC après une revalorisation légale, mais l’employeur ne peut pas rémunérer le salarié en dessous du minimum légal. Lorsque le minimum conventionnel est supérieur au SMIC, le montant conventionnel doit être respecté.
Pas systématiquement. Lorsque la rémunération doit simplement être portée au nouveau minimum légal, la revalorisation découle directement de la loi. La rédaction du contrat et l’existence éventuelle d’une rémunération contractuelle particulière doivent néanmoins être vérifiées avant toute modification.
Non, pas par simple substitution. Pour 2026, la RGDU fait l’objet de modalités particulières de détermination du SMIC de référence. Le paramétrage du logiciel de paie doit respecter la formule applicable à cette année.
CYCLO RH vous accompagne dans la gestion, le contrôle et l’externalisation de votre paie. Salariés au SMIC, apprentis, contrats de professionnalisation, minima conventionnels ou paramétrages sociaux : bénéficiez d’un accompagnement adapté à votre entreprise.