Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Le PLFSS 2027 comporte plusieurs mesures susceptibles de modifier la paie et les cotisations sociales.

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— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae
Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 6 octobre 2026.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 a été déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le numéro 3211. Le texte contient plusieurs mesures susceptibles d’avoir des conséquences directes sur la paie dès 2027 : indemnités de rupture, allègements généraux de cotisations, prime de partage de la valeur, rachat de jours de repos ou encore gestion des arrêts de travail.
À ce stade, aucune de ces dispositions n’est définitive. Le texte doit encore être examiné et amendé par le Parlement avant son éventuelle adoption. Il faut donc distinguer les règles actuellement applicables des changements simplement proposés par le Gouvernement pour 2027.
Pour les employeurs et les professionnels de la paie, certaines mesures méritent néanmoins d’être anticipées dès maintenant, car elles pourraient modifier sensiblement le traitement des indemnités de rupture, le calcul de la réduction générale ou encore le régime social de certains compléments de rémunération.
Point de vigilance
Projet au 6 octobre 2026 — mesures non définitives. Cet article présente le PLFSS 2027 dans sa version déposée à l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026. Les dispositions peuvent être amendées, supprimées ou réécrites au cours du débat parlementaire. Cet article sera actualisé au fur et à mesure de l’examen du texte.
L’essentiel à retenir
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 a été enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 1er octobre 2026 sous le numéro 3211 et renvoyé à la commission des affaires sociales. Assemblée nationale
Cette étape marque le début du parcours parlementaire. Le texte déposé correspond aux propositions du Gouvernement : il n’a pas encore la valeur d’une loi définitivement adoptée.
Les députés puis, selon la procédure applicable, les sénateurs pourront modifier de nombreux articles. Certaines mesures peuvent être amendées sur leur montant, leur champ d’application ou leur date d’entrée en vigueur ; d’autres peuvent disparaître avant la promulgation.
Le conseil CYCLO RH
Un projet de loi constitue une information importante pour préparer les évolutions de paie, mais pas une règle à paramétrer immédiatement. Pour chaque mesure, il faudra contrôler le texte définitivement adopté, les éventuels décrets d’application et les instructions des organismes sociaux avant les premières paies concernées.
L’article 6 du PLFSS 2027 propose une réforme importante du régime social des indemnités versées à l’occasion de la rupture du contrat de travail.
Le principe envisagé consiste à instaurer un plafond unique d’exemption des cotisations sociales et de contribution sociale généralisée (CSG) égal à la valeur annuelle du plafond de la Sécurité sociale. Sur la base du PASS 2026 mentionné dans l’exposé des motifs, ce plafond correspond à 48 060 €. Assemblée nationale
Le montant réellement applicable en 2027 dépendrait toutefois de la valeur du PASS en vigueur au moment concerné. Il ne faut donc pas considérer 48 060 € comme le plafond définitif pour 2027 : il s’agit de la valeur 2026 utilisée par le Gouvernement pour illustrer la réforme.
Le nouveau dispositif s’appliquerait aux indemnités attribuées au titre de ruptures prenant effet à compter du 1er janvier 2027.
Le texte vise largement les indemnités attribuées au titre de la rupture du contrat de travail des salariés, mais également certaines indemnités concernant les agents publics et mandataires sociaux. Il prévoit aussi l’intégration, dans les conditions fixées par le texte, d’indemnités ordonnées par un juge ou résultant d’une transaction.
L’objectif affiché est de remplacer un régime devenu complexe, fondé sur plusieurs limites et traitements différents, par un cadre plus homogène.
Le Gouvernement estime que la modification toucherait essentiellement les indemnités les plus élevées et que 95 % des salariés concernés conserveraient une exonération intégrale de leur indemnité au regard du nouveau plafond.
Cette réforme sociale est complétée par une mesure distincte inscrite dans le projet de loi de finances pour 2027, qui prévoit également un plafond unique d’exonération d’impôt sur le revenu correspondant à 1 PASS.
Si les deux textes étaient adoptés dans leur rédaction actuelle, le traitement fiscal et social des indemnités de rupture serait donc profondément simplifié autour d’un même plafond de référence.
Point de vigilance
Ne modifiez pas aujourd’hui le calcul d’une rupture conventionnelle, d’un licenciement ou d’une autre indemnité de départ sur la base de ce plafond. Le régime actuellement en vigueur continue de s’appliquer tant que les nouvelles dispositions ne sont pas définitivement adoptées et entrées en vigueur.
L’article 7 constitue probablement l’une des mesures les plus importantes du PLFSS 2027 pour les gestionnaires de paie. Il propose de modifier la manière dont certains compléments de rémunération, dispositifs d’épargne salariale et éléments de partage de la valeur interviennent dans le calcul des allègements généraux de cotisations.
Le texte prévoit que la rémunération annuelle prise en compte soit, dans certaines conditions et limites à préciser par décret, majorée des sommes versées par l’employeur au titre de l’épargne salariale ou du partage de la valeur.
Il ne s’agit donc pas nécessairement de soumettre ces sommes aux cotisations sociales de droit commun. L’enjeu est différent : des éléments bénéficiant par ailleurs d’un régime social favorable pourraient augmenter la rémunération retenue pour déterminer le droit aux allègements généraux et leur montant.
La réduction générale est directement liée au niveau de rémunération du salarié. L’intégration de nouveaux éléments dans la rémunération de référence peut donc réduire le montant de l’allègement dont bénéficie l’employeur, voire modifier l’éligibilité du salarié lorsque sa rémunération se situe à proximité de la limite applicable.
L’exposé des motifs chiffre à 3,7 milliards d’euros l’effet attendu de l’ensemble de cette rationalisation des allègements généraux.
En pratique
Si la mesure est adoptée, le coût réel d’un intéressement, d’une participation, d’un abondement ou d’un autre dispositif de partage de la valeur ne pourra plus être analysé uniquement à partir de son propre régime de cotisations. Il faudra également mesurer son effet indirect éventuel sur les allègements patronaux.
Le texte renvoie toutefois plusieurs paramètres à un décret. À ce stade, il serait donc prématuré de construire une formule définitive ou de modifier un paramétrage logiciel.
La prime de partage de la valeur (PPV) fait elle aussi l’objet de plusieurs modifications dans l’article 7.
La législation actuellement en vigueur prévoit l’extinction, au 31 décembre 2026, du régime renforcé applicable à certaines PPV. Le PLFSS propose désormais de prolonger en 2027 une partie de ce régime social favorable.
L’exposé des motifs indique notamment que les salariés des entreprises de moins de 50 salariés bénéficieraient en 2027 d’une exemption totale de prélèvements sociaux sur les PPV répondant aux conditions du dispositif.
Le projet réécrit également le mécanisme d’exonération de cotisations applicable à la PPV en prévoyant une limite annuelle fixée par décret, qui ne pourrait excéder un quinzième du PASS, avec un doublement possible lorsque les conditions légales prévues sont remplies.
Point de vigilance
Le régime PPV applicable en 2027 n’est donc pas encore stabilisé. Il faut distinguer le droit actuellement en vigueur, qui programme certaines évolutions au 1er janvier 2027, et le PLFSS actuellement discuté, qui propose précisément de modifier ces règles avant leur entrée en application.
À lire également
Pour retrouver le régime actuellement programmé et suivre son évolution : Prime de partage de la valeur (PPV) en 2027 : fiscalité, exonérations et règles à connaître.
Le mécanisme temporaire de monétisation de certains jours de repos, issu de la loi de finances rectificative du 16 août 2022, doit actuellement prendre fin le 31 décembre 2026.
L’article 7 du PLFSS propose de supprimer cette date d’extinction. Le salarié pourrait donc continuer, sous réserve des conditions du dispositif, à renoncer à certaines journées ou demi-journées de repos en contrepartie de leur rémunération.
Le Gouvernement prévoit parallèlement de maintenir les mécanismes sociaux associés, notamment l’exonération salariale de cotisations vieillesse et les déductions forfaitaires de cotisations patronales applicables dans les conditions prévues pour les heures supplémentaires.
Le conseil CYCLO RH
La pérennisation du dispositif ne supprimerait pas les conditions nécessaires à son utilisation. Avant toute monétisation d’un jour de repos, il restera indispensable d’identifier la nature exacte du repos concerné, son fondement et les conditions dans lesquelles le salarié peut y renoncer.
Les textes financiers pour 2027 prévoient également une évolution du traitement des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS).
Le PLFSS intègre dans sa trajectoire financière une hausse de 3 points du taux de CSG appliqué aux indemnités journalières maladie, pour un rendement attendu de 0,4 milliard d’euros.
Une précision est indispensable : la disposition qui supprime le taux réduit applicable aux indemnités journalières de maladie, d’accident du travail et de maladie professionnelle figure dans l’article 2 du projet de loi de finances pour 2027. Assemblée nationale
Le PLFSS tient ensuite compte de cette évolution dans ses prévisions de recettes et dans leur répartition entre les différentes branches de la Sécurité sociale.
Pour la paie, une augmentation du prélèvement sur les IJSS aurait notamment des conséquences lorsque l’employeur pratique la subrogation et doit intégrer le traitement des indemnités dans le bulletin.
Point de vigilance
Il ne faut pas présenter cette hausse de CSG comme une disposition déjà applicable. Elle dépend du vote du projet de loi de finances pour 2027. Le PLF prévoit par ailleurs d’autres modifications fiscales concernant certaines IJ, notamment les indemnités liées aux affections de longue durée et aux accidents du travail ou maladies professionnelles.
L’article 20 du PLFSS traite d’un sujet moins directement lié au calcul du bulletin, mais important pour la gestion des arrêts longs et le maintien dans l’emploi.
Lorsqu’une interruption de travail dépasse 30 jours et que l’assuré présente un risque de désinsertion professionnelle, le médecin traitant ou spécialiste, le médecin du service du contrôle médical et le médecin du travail pourraient organiser, avec l’accord préalable de la personne concernée, une réunion de concertation.
Les professionnels participant à cette concertation pourraient partager les informations strictement nécessaires à l’évaluation de la situation, à la préparation du retour à l’emploi ou à l’orientation vers des mesures d’accompagnement, d’évolution ou de formation professionnelle. Le texte prévoit également l’inscription des coordonnées du médecin du travail dans le dossier médical partagé.
Cette mesure entrerait en vigueur le 1er juillet 2027 si l’article est adopté dans sa rédaction actuelle. Les modalités relatives aux échanges d’informations devront encore être précisées par décret en Conseil d’État après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Assemblée nationale
En pratique
Cette concertation resterait un dispositif médical : elle ne donnerait pas à l’employeur accès au diagnostic ou aux informations couvertes par le secret médical. Pour l’entreprise, l’intérêt se situerait surtout dans une préparation plus précoce du retour à l’emploi, de l’aménagement du poste ou d’une éventuelle évolution professionnelle.
Le dépôt du PLFSS justifie une veille active, mais pas une modification immédiate des pratiques.
Le conseil CYCLO RH
Les mesures relatives aux allègements généraux méritent une attention particulière. Leur effet peut être beaucoup moins visible qu’une hausse de taux de cotisation : le bulletin reste techniquement correct en apparence, mais le coût employeur peut évoluer par diminution de l’allègement. Une simulation sera donc pertinente dès que les paramètres définitifs seront connus.
Un PLFSS évolue fortement entre son dépôt et sa promulgation. Présenter aujourd’hui chaque proposition comme une réforme acquise conduirait donc à mélanger droit positif, projet gouvernemental et texte définitivement voté.
Cet article a vocation à servir de page de suivi des principales mesures paie du PLFSS 2027. Il pourra être mis à jour aux principales étapes du parcours parlementaire : examen en commission, vote de l’Assemblée nationale, navette parlementaire puis publication éventuelle de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.
En pratique
La PPV constitue déjà un bon exemple : le régime prévu par les textes actuellement en vigueur pour le 1er janvier 2027 pourrait être modifié avant même son entrée en application par le PLFSS en cours d’examen. Pour sécuriser la paie, il faut donc toujours vérifier l’état du droit à la date réelle du versement.
Les textes financiers de fin d’année concentrent souvent plusieurs modifications qui doivent ensuite être intégrées simultanément dans les bulletins, les calculs de charges et les procédures de gestion sociale.
CYCLO RH assure une veille sur ces évolutions dans le cadre de l’externalisation de la paie, afin d’intégrer les nouvelles règles lorsqu’elles deviennent applicables sans anticiper prématurément des dispositions encore en discussion.
Pour les entreprises qui souhaitent vérifier l’incidence d’une réforme sur leurs bulletins ou leurs paramétrages existants, un audit et contrôle de paie permet également d’identifier les points à adapter et de contrôler leur traduction effective dans le logiciel de paie.
Non. Au 6 octobre 2026, il s’agit d’un projet de loi déposé à l’Assemblée nationale. Les règles actuelles continuent de s’appliquer jusqu’à l’adoption et l’entrée en vigueur éventuelle de nouvelles dispositions.
Pas exactement. Le projet prévoit un plafond égal à 1 PASS. Le montant de 48 060 € correspond au PASS 2026 cité dans l’exposé des motifs. Si la réforme est adoptée, il faudra utiliser la valeur du PASS applicable en 2027.
Le projet prévoit d’harmoniser leur régime autour d’un plafond commun, mais son champ exact et l’articulation des différents prélèvements doivent être appréciés à partir du texte définitivement adopté. Il serait prématuré d’appliquer aujourd’hui une formule simplifiée à toutes les situations de rupture.
Le droit actuellement programmé et le PLFSS en discussion ne conduisent pas au même résultat dans toutes les situations. Le projet propose notamment de prolonger en 2027 une exemption de prélèvements sociaux pour certaines PPV versées dans les entreprises de moins de 50 salariés. Le régime définitif devra être vérifié après le vote des textes.
Ce n’est pas ce que prévoit le texte. Le projet conserve leur régime social propre mais envisage de prendre davantage de sommes liées à l’épargne salariale et au partage de la valeur en compte pour apprécier la rémunération utilisée dans le calcul des allègements généraux.
Le PLFSS propose de supprimer la date de fin actuellement prévue et donc de pérenniser le mécanisme. Cette prolongation ne sera cependant acquise qu’après adoption définitive du texte.
Non. Cette augmentation est une mesure proposée pour 2027. La disposition juridique modifiant le taux se trouve dans le projet de loi de finances pour 2027 ; le PLFSS en intègre les conséquences dans sa trajectoire financière.
Non. Aucune modification ne doit être effectuée uniquement parce qu’une mesure figure dans le PLFSS ou le PLF. Il faut attendre les textes définitifs, leurs dates d’entrée en vigueur, les éventuels décrets et les mises à jour documentaires ou logicielles nécessaires.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH suit les évolutions légales et réglementaires afin d’intégrer les nouvelles règles au bon moment, de contrôler leurs conséquences sur les bulletins et de sécuriser les paramétrages de paie de votre entreprise.