Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

La prime de secrétariat des cabinets dentaires reste soumise à des conditions spécifiques liées aux fonctions exercées et aux droits des salariés.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 19 octobre 2026.
La prime de secrétariat dans les cabinets dentaires soulève plusieurs questions en 2026. Son montant figure toujours dans la grille conventionnelle des salaires, alors qu’un avenant du 11 décembre 2025 a supprimé l’article de la convention collective qui lui était historiquement consacré. Pour les employeurs comme pour les salariés, cette évolution peut donner l’impression que la prime a disparu ou, au contraire, qu’elle reste systématiquement obligatoire.
La situation est plus nuancée. Les réceptionnistes et hôtesses d’accueil conservent un cadre conventionnel particulier, tandis que les aides et assistants dentaires relèvent notamment de dispositions transitoires liées à la mention complémentaire administrative. Les droits existants peuvent également dépendre du contrat de travail et des conditions dans lesquelles la prime a été attribuée.
Pour déterminer qui peut encore bénéficier de cette rémunération en 2026, il faut donc examiner les textes successifs, identifier les fonctions réellement exercées, vérifier les droits antérieurement acquis et distinguer la prime de secrétariat du complément de salaire lié à une qualification administrative.
L’essentiel à retenir
La prime de secrétariat trouve son origine dans la convention collective nationale des cabinets dentaires du 17 janvier 1992, identifiée par le code IDCC 1619. Historiquement, elle permettait de rémunérer certaines tâches administratives spécifiques accomplies régulièrement par des salariés dont l’emploi principal ne correspondait pas nécessairement à une fonction de secrétariat technique.
Le dispositif a progressivement évolué avec la création de formations complémentaires permettant de reconnaître des compétences administratives particulières chez les aides et assistants dentaires.
L’avenant du 18 novembre 2021, étendu par arrêté du 23 septembre 2022 publié au Journal officiel du 11 octobre 2022, a organisé l’articulation entre la prime de secrétariat et la mention complémentaire administrative.
Pour les aides et assistants dentaires, les partenaires sociaux ont prévu le remplacement progressif de la prime par un complément de salaire attaché à cette mention, tout en organisant le maintien de certaines situations antérieures. Le titre VIII de l’annexe I conserve également des dispositions propres aux réceptionnistes et hôtesses d’accueil. Légifrance
Un nouvel avenant signé le 11 décembre 2025 a supprimé l’article 3.16 « Prime de secrétariat » du titre III de la convention collective. Cet avenant prévoit son application à compter de sa signature et a été étendu par arrêté du 26 mars 2026, publié au Journal officiel le 4 avril 2026. L’effet de son extension à l’égard des employeurs non adhérents aux organisations signataires doit être distingué de sa date conventionnelle d’application. Légifrance
Cette suppression ne doit toutefois pas être interprétée isolément. L’annexe relative aux classifications conserve des dispositions concernant les bénéficiaires et les mesures transitoires. Par ailleurs, la grille salariale 2026 continue de mentionner expressément la prime.
Point de vigilance
Le maintien d’une ligne dans la grille salariale ne signifie pas que tous les salariés peuvent prétendre à la prime. Inversement, la suppression de l’ancien article 3.16 ne suffit pas à démontrer que toutes les primes déjà versées peuvent être immédiatement interrompues. Il faut articuler les différents textes et contrôler la situation individuelle du salarié.
La réponse dépend principalement de la classification du salarié, de la date à laquelle il a commencé à bénéficier de la prime, des fonctions réellement exercées et de l’existence éventuelle d’une mention complémentaire administrative.
| Personnel concerné | Situation conventionnelle en 2026 | Contrôle nécessaire |
|---|---|---|
| Réceptionniste ou hôtesse d’accueil | Le titre VIII demeure expressément applicable à cette catégorie pour les travaux spécifiques de secrétariat. | Vérifier l’exécution régulière des tâches éligibles et les conditions du versement. |
| Aide dentaire | Possibilité de maintien d’une prime antérieure dans le cadre des dispositions transitoires. | Contrôler les droits acquis, la mention administrative et le contrat. |
| Assistant dentaire | Même logique transitoire que pour l’aide dentaire. | Vérifier notamment si le complément de mention administrative s’est substitué à la prime. |
| Secrétaire technique | La classification exclut expressément le bénéfice de la prime conventionnelle de secrétariat à raison de cette qualification. | Vérifier la classification et l’existence éventuelle d’un avantage contractuel distinct. |
| Autres salariés | Pas de droit général à cette prime au seul titre de leur emploi. | Examiner les éventuels engagements individuels ou collectifs de l’employeur. |
La réceptionniste ou hôtesse d’accueil reste la catégorie pour laquelle le titre VIII prévoit expressément le maintien du dispositif. Une nouvelle embauche n’exclut donc pas, à elle seule, le bénéfice de la prime.
Son attribution suppose cependant de caractériser les travaux de secrétariat éligibles effectivement accomplis. Le seul intitulé de réceptionniste ou la réalisation habituelle des opérations d’accueil ne suffisent pas.
Le titre VIII de l’annexe I identifie trois catégories d’activités spécifiques. L’exercice régulier d’au moins l’une d’entre elles constitue le critère fonctionnel prévu par le texte :
Ces tâches doivent être réalisées de manière régulière. Une intervention isolée ou exceptionnelle ne suffit pas nécessairement à caractériser l’exercice habituel de fonctions ouvrant droit à la prime.
Les opérations courantes liées à l’accueil et au fonctionnement du cabinet doivent être distinguées des activités particulières visées par le texte.
La réception des patients, la réponse aux appels téléphoniques, la prise de rendez-vous, le classement courant des dossiers ou l’établissement des documents administratifs habituels ne constituent pas, à eux seuls, une justification suffisante de la prime.
En pratique
Une réceptionniste qui assure uniquement l’accueil et la gestion des rendez-vous ne doit pas être assimilée automatiquement à une salariée réalisant les travaux particuliers de secrétariat. En revanche, si elle assure régulièrement des travaux de précomptabilité ou rédige les correspondances professionnelles des praticiens, le bénéfice de la prime doit être examiné au regard du titre VIII.
La situation des aides et assistants dentaires est particulière. La réforme conventionnelle a prévu un mécanisme de transition destiné à accompagner le passage de l’ancienne prime de secrétariat vers la mention complémentaire administrative.
Le point 8.4 de l’annexe I prévoit notamment que, lorsque le salarié en poste ne valide pas la mention complémentaire administrative, sa prime antérieure peut être maintenue, à titre exceptionnel et dérogatoire, jusqu’au terme du contrat de travail en cours.
Ce maintien ne constitue pas un droit ouvert indifféremment à tous les salariés recrutés depuis la réforme. Il vise les situations préexistantes entrant dans les conditions transitoires prévues par les partenaires sociaux. Légifrance
Le dispositif transitoire vise le contrat de travail en cours. Il ne permet pas de considérer que la prime conventionnelle suivra automatiquement le salarié lors d’une nouvelle embauche dans un autre cabinet.
Il faut néanmoins distinguer cette situation d’un transfert légal du contrat de travail, notamment lorsque les conditions de l’article L. 1224-1 du Code du travail sont réunies. Dans un tel cas, l’analyse doit porter sur la continuité du contrat et des droits qui y sont attachés, et non sur une simple nouvelle embauche. Légifrance
Le conseil CYCLO RH
Pour un assistant ou une aide dentaire percevant déjà la prime, conservez les éléments permettant de reconstituer son origine : contrat initial, avenants, anciens bulletins, date d’attribution et missions exercées. Ces pièces sont indispensables pour déterminer si le versement correspond à un droit transitoire, à un élément contractuel ou à un autre engagement de l’employeur.
La mention complémentaire administrative correspond à une formation complémentaire validée, destinée aux aides et assistants dentaires qui exercent des compétences particulières de gestion administrative au sein du cabinet.
Elle ne doit pas être confondue avec la prime de secrétariat : son complément de salaire rémunère une qualification reconnue et sa mise en œuvre, dans les conditions fixées par l’annexe I.
Le texte conventionnel prévoit que le complément de rémunération lié à la mention administrative se substitue à la prime de secrétariat le premier jour du mois suivant sa validation, pour les salariés concernés par le mécanisme transitoire.
Il ne faut donc pas additionner automatiquement ces deux compléments au seul motif qu’ils apparaissent tous les deux dans la grille des rémunérations. Un éventuel maintien cumulatif devrait reposer sur un fondement distinct, plus favorable, à vérifier dans le dossier du salarié.
Oui. Une mesure transitoire prévoit la possibilité, pour certains aides et assistants dentaires déjà bénéficiaires, d’obtenir la mention complémentaire administrative sans passer les épreuves correspondantes.
Le salarié doit notamment remplir deux conditions cumulatives : percevoir la prime de secrétariat depuis au moins cinq ans et être âgé de plus de 50 ans. Il doit effectuer une demande auprès de la Commission paritaire permanente de négociation et d’interprétation (CPPNI) des cabinets dentaires, accompagnée d’une attestation de son employeur. La commission examine et valide, ou non, la demande.
Cette possibilité s’inscrit dans une période transitoire de cinq ans ouverte après la publication de l’avenant au Journal officiel en 2022. Il s’agit d’une procédure de reconnaissance prévue par la branche, et non d’une conversion automatique de la prime.
L’accord salarial du 12 février 2026, applicable au titre de la grille du 1er janvier 2026 et étendu par arrêté du 15 juillet 2026, conserve une ligne consacrée à la prime de secrétariat. Le montant indiqué est de 205 € brut par mois, sur la base d’un temps complet.
Le même accord fixe le complément lié à la mention complémentaire administrative à 220 € brut par mois. Ces deux montants ne correspondent donc ni à la même justification ni aux mêmes conditions d’attribution. Légifrance
La grille conventionnelle prévoit expressément une proratisation pour les salariés à temps partiel. Pour une durée hebdomadaire contractuelle de 28 heures, comparée à un temps complet de 35 heures, le calcul de référence est le suivant :
205 € × 28 / 35 = 164 € brut par mois
Ce calcul illustre la proratisation du montant conventionnel. Il suppose que la prime soit effectivement due au salarié. Les éventuelles incidences d’absences, de modifications de durée contractuelle ou de stipulations plus favorables doivent être traitées séparément.
Point de vigilance
Le montant de 205 € figurant dans la grille 2026 ne permet pas de réduire un avantage individuel contractuellement fixé à un montant supérieur. De même, il ne faut pas rétablir automatiquement une ancienne méthode d’indexation sur les salaires minimaux sans tenir compte de la suppression de l’article 3.16 et des droits individuels existants.
La suppression de la prime dépend de son fondement. Il convient de distinguer une prime versée uniquement en application des dispositions conventionnelles d’une prime devenue un élément contractuel de rémunération ou reposant sur un engagement particulier de l’employeur.
Le point 8.2 du titre VIII de l’annexe I prévoit une procédure spécifique de dénonciation de la prime. Celle-ci nécessite l’envoi d’une lettre recommandée avec avis de réception et le respect d’un délai de prévenance d’au moins six mois, courant à compter de l’envoi.
Pendant cette période, le salarié continue à bénéficier de la prime, même s’il n’exécute plus les tâches ayant initialement justifié son attribution. Le texte prévoit également que la dénonciation sera mentionnée dans un avenant au contrat de travail.
Cette procédure doit être examinée lorsque la prime relève effectivement du dispositif conventionnel concerné. Elle ne constitue pas une autorisation générale permettant de diminuer toute rémunération contractualisée après six mois.
Lorsqu’une prime constitue un élément de rémunération contractualisé, sa modification exige en principe l’accord du salarié. La suppression d’une disposition conventionnelle ne permet pas, à elle seule, de modifier unilatéralement le salaire prévu au contrat.
La règle générale est que la rémunération contractuelle ne peut pas être réduite sans l’accord du salarié. En cas de refus d’une modification proposée, l’employeur ne peut pas simplement imposer le nouveau montant sur le bulletin. Service Public
Une prime peut également reposer sur un usage d’entreprise ou un engagement unilatéral. Sa remise en cause obéit alors à des règles distinctes, notamment concernant l’information des salariés et, selon la situation, des représentants du personnel, ainsi que le délai de prévenance.
Il faut toutefois établir la réalité de cet usage ou de cet engagement. Le seul fait qu’une prime apparaisse sur plusieurs bulletins ne suffit pas à déterminer avec certitude sa nature juridique : le contexte de son attribution et les documents existants doivent être examinés.
Le conseil CYCLO RH
Avant de supprimer une rubrique de prime dans le logiciel de paie, demandez-vous sur quel fondement le salarié la perçoit : convention collective, disposition transitoire, contrat de travail, usage ou engagement de l’employeur. La procédure à suivre et la possibilité même de supprimer le versement dépendent directement de cette qualification.
Le traitement de la prime de secrétariat en paie nécessite un contrôle individuel, particulièrement lors d’une reprise de dossier, d’une nouvelle embauche, de la validation d’une formation ou de la révision de la rémunération.
Les principaux éléments à vérifier sont les suivants :
Un assistant dentaire embauché avant la réforme perçoit depuis plusieurs années une prime de secrétariat. Il n’a pas validé la mention complémentaire administrative et son contrat de travail se poursuit auprès du même employeur.
Il serait incorrect de supprimer automatiquement cette prime en 2026 au seul motif de la disparition de l’article 3.16. Il faut d’abord vérifier les conditions du maintien transitoire, les éventuelles stipulations contractuelles et l’existence d’une procédure de dénonciation applicable.
Une réceptionniste est embauchée dans un cabinet dentaire et assure l’accueil, la prise de rendez-vous et la gestion des appels. À ces seules fonctions, la prime ne peut pas être considérée comme automatiquement due.
Si le cabinet lui confie également, de manière régulière, des travaux de précomptabilité ou de correspondance professionnelle relevant du titre VIII, les conditions conventionnelles particulières doivent être examinées. Le contrôle porte alors sur les missions réelles, pas uniquement sur l’intitulé du poste.
En pratique
Un logiciel de paie peut conserver une rubrique historique, appliquer une méthode d’indexation ancienne ou proposer une prime sans être en mesure d’apprécier automatiquement l’ensemble des droits individuels du salarié. Le contrôle de la convention, du contrat et de la situation réelle reste indispensable avant toute validation ou correction du bulletin.
À lire également
Pour retrouver les règles générales de classification, de rémunération et les autres avantages applicables aux salariés du secteur : Convention collective des cabinets dentaires (IDCC 1619) : règles, salaires et avantages.
Pour comprendre les enjeux liés à la production des bulletins et au contrôle des spécificités conventionnelles : Externalisation de la paie d’un cabinet dentaire : fonctionnement, avantages et points de vigilance.
La gestion de la rémunération dans un cabinet dentaire suppose de maîtriser plusieurs dispositions particulières : classifications, salaires minimaux, prime d’ancienneté, mention complémentaire administrative, droits transitoires et éventuels avantages contractuels.
CYCLO RH peut assurer l’externalisation de la paie de votre cabinet afin d’intégrer ces règles dans le traitement courant des bulletins et de suivre les changements de situation des salariés.
Lorsqu’une prime ancienne subsiste ou qu’un doute apparaît sur son attribution, un audit et contrôle de paie permet de rapprocher le contrat, les dispositions conventionnelles et les bulletins afin d’identifier les anomalies éventuelles et de déterminer les vérifications complémentaires nécessaires.
La grille salariale 2026 conserve un montant de 205 € brut mensuels et l’annexe I prévoit toujours des dispositions particulières. Toutefois, l’ancien article 3.16 a été supprimé. Le droit à la prime doit donc être vérifié selon la catégorie professionnelle, les conditions conventionnelles et la situation individuelle.
Elle ne bénéficie pas automatiquement de l’ancien dispositif de prime de secrétariat. Les règles conventionnelles orientent désormais les aides et assistants dentaires vers la mention complémentaire administrative, sous réserve de sa validation et des conditions prévues par le texte.
Oui, le titre VIII continue expressément à viser cette catégorie. Son attribution suppose toutefois que la réceptionniste ou hôtesse d’accueil réalise régulièrement au moins l’une des activités de secrétariat particulières prévues par la convention.
La grille conventionnelle applicable en 2026 mentionne 205 € brut par mois pour un salarié à temps complet. Le montant est proratisé pour les salariés à temps partiel, sans préjudice de dispositions individuelles plus favorables.
Le dispositif conventionnel prévoit leur substitution pour les aides et assistants dentaires concernés par les mesures transitoires. Un cumul ne doit donc pas être appliqué automatiquement. Il nécessite, le cas échéant, un fondement distinct et plus favorable.
Il ne faut pas procéder à une suppression automatique. Le titre VIII prévoit notamment une procédure de dénonciation avec un délai minimum de six mois pour les primes relevant de ce régime. Si la prime est contractualisée ou repose sur un autre engagement, les règles correspondantes doivent être respectées.
Oui. Lorsqu’elle est versée comme élément de rémunération, elle entre en principe dans le salaire brut soumis aux cotisations et contributions sociales, selon les règles habituelles applicables aux primes salariales.
À propos de ces informations
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CYCLO RH vous accompagne dans le contrôle des primes conventionnelles, des droits transitoires et des éléments contractuels de rémunération afin de fiabiliser les bulletins de paie et de limiter les risques d’erreurs lors des changements de situation.