Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

L’ancienneté des salariés intervient dans le calcul des primes conventionnelles des cabinets dentaires.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 21 octobre 2026.
La prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires constitue un complément de rémunération obligatoire pour les salariés remplissant les conditions prévues par la convention collective nationale des cabinets dentaires (IDCC 1619). Son montant dépend de l’ancienneté acquise dans l’entreprise, de la classification professionnelle et, pour les salariés à temps partiel, de la durée contractuelle de travail.
Son calcul présente une particularité importante : la prime repose sur le salaire minimal conventionnel correspondant à l’emploi occupé, et non sur le salaire réellement versé lorsque celui-ci est supérieur. Par ailleurs, la convention prévoit désormais une progression annuelle dès deux années d’ancienneté révolues, alors que les anciens barèmes fonctionnaient par paliers.
Pour établir correctement les bulletins de paie, il faut donc identifier la date d’ouverture du droit, retenir le taux applicable, calculer l’assiette conventionnelle et présenter la prime sur une ligne distincte. Les exemples ci-dessous illustrent cette méthode pour différents emplois et horaires de travail.
L’essentiel à retenir
L’article 3.15 de la convention collective nationale des cabinets dentaires du 17 janvier 1992 prévoit une prime d’ancienneté pour les salariés qui remplissent la condition de durée de présence dans l’entreprise. Ce droit concerne les salariés relevant de cette convention, quelle que soit leur catégorie professionnelle, dès lors que le seuil d’ancienneté est atteint.
La prime ne dépend pas de la décision annuelle de l’employeur d’accorder ou non une augmentation. Elle constitue une obligation conventionnelle distincte du salaire de base. Elle doit donc être calculée même lorsque le salarié bénéficie déjà d’une rémunération supérieure au minimum de sa catégorie. Légifrance
Le droit conventionnel repose sur l’ancienneté acquise dans l’entreprise. Le point de départ correspond normalement à la date d’entrée du salarié chez l’employeur, sous réserve des situations dans lesquelles une ancienneté antérieure doit être reprise, notamment en application d’une règle légale, d’un transfert de contrat ou d’un engagement plus favorable.
Il ne faut donc pas confondre l’expérience professionnelle globale du salarié dans le secteur dentaire et son ancienneté chez l’employeur. Une assistante dentaire possédant dix années d’expérience dans plusieurs cabinets ne dispose pas nécessairement de dix années d’ancienneté ouvrant droit à la prime dans son cabinet actuel.
Point de vigilance
Lorsqu’un salarié a déjà travaillé pour le même employeur ou que son contrat a fait l’objet d’un transfert, vérifiez l’historique contractuel et les éventuelles clauses de reprise d’ancienneté. La date d’entrée affichée dans le logiciel de paie ne suffit pas toujours à déterminer la date conventionnelle à retenir.
Le barème de la prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires a été modifié par l’avenant du 22 février 2024. Il prévoit désormais une progression annuelle : le salarié bénéficie de 2 % dès qu’il totalise deux années d’ancienneté révolues, puis d’un point supplémentaire pour chaque année acquise, jusqu’au plafond de 20 %.
Cet avenant a été étendu par arrêté du 27 mai 2024, publié au Journal officiel du 1er juin 2024. Il a remplacé le précédent système comportant des paliers à trois, six, neuf et douze années d’ancienneté. Légifrance
| Ancienneté acquise | Taux applicable | Progression |
|---|---|---|
| Moins de 2 ans | 0 % | Pas de prime conventionnelle |
| 2 ans révolus | 2 % | Ouverture du droit |
| 3 ans | 3 % | + 1 point |
| 4 ans | 4 % | + 1 point |
| 5 ans | 5 % | + 1 point |
| 6 ans | 6 % | + 1 point |
| 10 ans | 10 % | + 1 point par année |
| 15 ans | 15 % | + 1 point par année |
| 20 ans et plus | 20 % | Plafond conventionnel |
Le changement de taux intervient lorsque le salarié atteint une nouvelle année d’ancienneté révolue. Ainsi, un salarié entré le 1er septembre 2023 atteint trois années d’ancienneté le 1er septembre 2026 : son taux passe alors de 2 % à 3 %, à condition que son contrat et les règles de reprise d’ancienneté conduisent bien à retenir cette date.
Lorsque l’anniversaire intervient en cours de mois, le droit au nouveau taux doit être pris en compte à partir de la date d’acquisition. L’article 3.15 ne précise toutefois pas expressément une méthode de proratisation journalière pour ce mois de transition. Le traitement doit donc être déterminé de manière cohérente avec la période rémunérée et les éventuelles dispositions plus favorables applicables, sans anticiper automatiquement le nouveau taux au premier jour du mois.
La prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires se calcule à partir du salaire minimal conventionnel de la catégorie dans laquelle le salarié est classé. Ce point est déterminant : le salaire contractuel réellement versé ne devient pas l’assiette de la prime au seul motif qu’il est supérieur au minimum conventionnel.
Pour un salarié à temps complet rémunéré sur une base mensualisée de 151,67 heures, la formule de référence est la suivante :
En pratique
Prime mensuelle = taux horaire minimal conventionnel × 151,67 heures × taux d’ancienneté.
Pour un salarié à temps partiel, remplacer les 151,67 heures par la durée mensuelle contractuelle correspondante. Les calculs sont effectués en brut, puis arrondis au centime pour le bulletin.
L’accord salarial du 12 février 2026, relatif aux salaires applicables au 1er janvier 2026, fixe notamment les taux horaires suivants. Cet accord a été étendu par arrêté du 15 juillet 2026, publié au Journal officiel du 23 juillet 2026. Pour les employeurs non adhérents aux organisations signataires, son caractère obligatoire résulte de cette extension à compter du 24 juillet 2026, sans rétroactivité générale au 1er janvier. Légifrance
| Emploi | Minimum horaire 2026 | Base mensuelle 151,67 h |
|---|---|---|
| Secrétaire technique | 13,78 € | 2 090,01 € |
| Aide dentaire | 12,56 € | 1 904,98 € |
| Assistant dentaire | 13,93 € | 2 112,76 € |
Ces montants constituent les bases conventionnelles de référence. Le salaire effectivement payé peut être plus élevé, notamment en raison d’une négociation individuelle, mais cela ne modifie pas le mode de calcul de la prime prévu à l’article 3.15.
Non, pas dans l’assiette conventionnelle définie par l’article 3.15. La prime de secrétariat, les compléments de salaire liés à certaines mentions complémentaires, les heures supplémentaires ou une augmentation individuelle ne doivent pas être ajoutés au salaire minimal de la catégorie pour calculer la prime d’ancienneté.
Il faut également distinguer le minimum conventionnel utilisé comme assiette de la prime du minimum légal de rémunération. Lorsque le minimum conventionnel d’un emploi est inférieur au SMIC applicable, l’employeur doit respecter le SMIC pour la rémunération du salarié. Cela ne transforme pas pour autant le SMIC en assiette conventionnelle de la prime d’ancienneté. Service Public
Le conseil CYCLO RH
Dans le logiciel de paie, distinguez le taux horaire réellement versé au salarié du taux horaire conventionnel qui sert de référence à la prime. Une augmentation individuelle ne doit pas provoquer automatiquement une hausse de la prime d’ancienneté. En revanche, une revalorisation du minimum conventionnel correspondant à l’emploi peut nécessiter son recalcul.
Pour illustrer le calcul de la prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires, les situations suivantes présentent plusieurs cas fictifs utilisant les taux horaires de la grille conventionnelle 2026. Elles supposent un mois complet, sans absence ni élément variable, avec une ancienneté déjà acquise au premier jour du mois concerné.
Un assistant dentaire travaille 35 heures par semaine et perçoit un salaire de base contractuel de 2 300 € brut. Il possède deux années d’ancienneté révolues et bénéficie donc d’un taux de 2 %.
Le calcul de la prime repose sur le minimum de 2 112,76 € et non sur le salaire réel de 2 300 €. Le montant de la prime reste donc de 42,26 € et non de 46 €.
Une secrétaire technique travaille à temps complet, perçoit un salaire de base brut de 2 350 € et totalise trois années d’ancienneté révolues. Le taux applicable est de 3 %.
Cet exemple montre que la classification professionnelle détermine le minimum utilisé pour la prime. Deux salariés ayant la même ancienneté, mais relevant de catégories conventionnelles différentes, peuvent percevoir des primes de montants différents.
Un assistant dentaire possède vingt années d’ancienneté révolues et perçoit un salaire de base de 2 500 € brut à temps complet. Le taux conventionnel est plafonné à 20 %.
La prime mensuelle représente 13,93 € × 151,67 h × 20 %, soit 422,55 € brut après arrondi. La rémunération brute de cet exemple atteint donc 2 922,55 €, en l’absence d’autres éléments de paie.
Au-delà de vingt ans d’ancienneté, le taux conventionnel ne progresse plus. La prime peut néanmoins augmenter si le salaire minimal conventionnel servant d’assiette est revalorisé.
La prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires concerne également les salariés à temps partiel, avec une proratisation selon le temps de travail prévue par l’article 3.15. Le pourcentage d’ancienneté reste identique à celui d’un salarié à temps complet ayant la même ancienneté : c’est l’assiette conventionnelle qui est ajustée à la durée contractuelle.
La formule peut s’écrire :
Prime = minimum conventionnel horaire × nombre d’heures contractuelles mensualisées × taux d’ancienneté.
Une aide dentaire travaille 24 heures par semaine, soit 104 heures mensualisées. Elle possède cinq années d’ancienneté révolues et perçoit un salaire de base réel de 1 500 € brut par mois.
| Élément | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Durée mensualisée | 24 h × 52 / 12 | 104 h |
| Minimum horaire conventionnel | Grille aide dentaire 2026 | 12,56 € |
| Base conventionnelle proratisée | 12,56 € × 104 h | 1 306,24 € |
| Taux d’ancienneté | 5 ans révolus | 5 % |
| Prime d’ancienneté | 1 306,24 € × 5 % | 65,31 € |
| Salaire réel contractuel | Montant fixé au contrat | 1 500,00 € |
| Brut de l’exemple | 1 500 € + 65,31 € | 1 565,31 € |
La prime est ainsi déterminée à partir du minimum conventionnel correspondant aux 104 heures contractuelles, et non à partir du salaire réel de 1 500 €.
Si un salarié passe durablement de 24 à 28 heures hebdomadaires par avenant au contrat de travail, la base conventionnelle doit être recalculée à partir de sa nouvelle durée contractuelle. Le taux d’ancienneté reste celui correspondant aux années acquises.
Les heures complémentaires réalisées ponctuellement doivent être rémunérées selon leurs propres règles. Elles ne doivent pas être confondues avec une modification permanente de la durée contractuelle utilisée pour déterminer la prime mensuelle de référence.
Point de vigilance
Le montant d’une prime à temps partiel ne doit pas être calculé à partir du salaire minimal mensuel d’un temps complet sans proratisation. Inversement, lorsque la prime est déjà calculée sur un minimum horaire multiplié par les heures contractuelles mensualisées, appliquer une seconde proratisation reviendrait à réduire deux fois son assiette.
Pour la prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires, la convention collective exige expressément que son montant mensuel s’ajoute au salaire réel et figure sur une ligne distincte du bulletin de salaire. Elle ne doit donc pas être simplement intégrée au taux horaire ou absorbée dans le salaire de base, même lorsque la rémunération contractuelle est supérieure au minimum conventionnel.
La prime constitue un élément de rémunération brute soumis aux cotisations sociales selon les règles de droit commun. Son versement influence donc le brut soumis à cotisations et les montants qui en découlent sur le bulletin. Service Public
Reprenons le premier exemple de l’assistant dentaire rémunéré 2 300 € brut avec deux années d’ancienneté révolues :
| Libellé de paie | Base ou taux | Montant brut |
|---|---|---|
| Salaire de base | 151,67 h | 2 300,00 € |
| Prime d’ancienneté | 2 % | 42,26 € |
| Total brut | 2 342,26 € |
Le libellé doit permettre d’identifier clairement la prime d’ancienneté. Le taux applicable et le montant doivent être cohérents avec les données du salarié, même lorsque le logiciel détermine automatiquement la rubrique.
Un calcul automatique peut être utilisé à condition que les paramètres nécessaires soient corrects : convention collective, classification, minimum conventionnel, date d’ancienneté retenue et durée contractuelle. L’automatisation ne dispense pas de contrôler les changements de taux et les revalorisations salariales.
Il faut également veiller à la cohérence entre le calcul de la prime dans le logiciel et le document effectivement remis au salarié. Une présentation simplifiée du bulletin ne doit pas conduire à masquer une rubrique dont l’affichage séparé est expressément prévu par la convention collective.
Le contrôle de la prime d’ancienneté dans les cabinets dentaires ne se limite pas à la vérification du pourcentage appliqué. Une prime peut être calculée avec le bon taux d’ancienneté mais sur une assiette incorrecte, ou rester figée alors que la grille salariale a été revalorisée.
| Point de contrôle | Vérification à réaliser | Erreur à prévenir |
|---|---|---|
| Ancienneté | Comparer la date retenue aux contrats et reprises éventuelles. | Prime omise ou taux attribué prématurément. |
| Barème | Vérifier le taux à chaque anniversaire et le plafond de 20 %. | Maintien des anciens paliers triennaux. |
| Classification | Contrôler l’emploi réel et le minimum conventionnel correspondant. | Application du taux horaire d’une autre catégorie. |
| Salaire de référence | Utiliser le minimum conventionnel et non le salaire réel supérieur. | Surévaluation ou calcul incohérent. |
| Temps partiel | Contrôler les heures mensualisées et la proratisation unique. | Prime calculée à temps complet ou proratisée deux fois. |
| Grille salariale | Contrôler la date d’effet et l’opposabilité de la revalorisation. | Montant de prime inchangé malgré une hausse applicable du minimum. |
| Bulletin | Vérifier la ligne distincte et l’intégration au brut soumis à cotisations. | Prime absorbée dans le salaire de base ou absente du bulletin remis. |
Lorsqu’un dossier est repris auprès d’un autre prestataire ou d’un précédent gestionnaire, il est utile de rapprocher les dates d’embauche, les contrats, les derniers bulletins et les paramètres du logiciel. Cette comparaison permet notamment de repérer les salariés ayant atteint un nouveau palier d’ancienneté sans revalorisation de leur prime.
Si un écart est constaté, il faut déterminer les périodes concernées et recalculer les montants avec les barèmes et minima réellement applicables à chacune d’elles. Une régularisation éventuelle ne doit pas être calculée rétrospectivement avec la seule grille salariale la plus récente.
Le conseil CYCLO RH
Lors d’une reprise de dossier, préparez un tableau indiquant pour chaque salarié sa classification, sa date d’ancienneté, son prochain anniversaire, son taux actuel et le minimum conventionnel utilisé. Cette grille permet de distinguer rapidement les erreurs de date, de taux et d’assiette, sans supposer que toutes les différences de montant proviennent d’un défaut de paramétrage.
À lire également
Pour retrouver les classifications, les autres éléments de rémunération et les principales dispositions sociales de la branche : Convention collective des cabinets dentaires (IDCC 1619) : règles, salaires et avantages.
Pour distinguer la prime d’ancienneté de la rémunération liée à certaines tâches administratives : Prime de secrétariat dans les cabinets dentaires : qui peut encore en bénéficier en 2026 ?.
La gestion des bulletins dans un cabinet dentaire nécessite de suivre les classifications, les minima conventionnels, les dates d’ancienneté et les particularités du temps partiel. Ces paramètres ont une incidence directe sur le calcul et le versement des primes.
CYCLO RH propose une prestation d’externalisation de la paie comprenant notamment l’établissement des bulletins et le traitement des variables de rémunération, en tenant compte des dispositions conventionnelles applicables aux salariés du cabinet.
Non, pas au titre du minimum prévu par l’article 3.15. La prime conventionnelle débute lorsque le salarié atteint deux années d’ancienneté révolues, sous réserve d’éventuelles dispositions plus favorables.
Le taux conventionnel est plafonné à 20 %. Le montant de la prime peut toutefois augmenter si le minimum conventionnel de référence est revalorisé.
Une augmentation individuelle ne permet pas, à elle seule, de supprimer la prime conventionnelle. Celle-ci doit continuer à être calculée selon l’article 3.15 et présentée distinctement sur le bulletin.
Le taux d’ancienneté est identique à durée d’ancienneté égale, mais le montant peut différer puisque le minimum conventionnel servant de base au calcul dépend de la classification professionnelle.
Il faut examiner la nature de l’absence, la rémunération maintenue et le traitement applicable à la prime. L’article 3.15 fixe son assiette et son taux, mais ne détaille pas à lui seul toutes les conséquences des différentes absences. Une réduction ne doit donc pas être appliquée sans vérifier les règles pertinentes.
Oui, si le minimum conventionnel servant d’assiette a été revalorisé et que la prime n’a pas été ajustée à compter de la date d’application obligatoire pour l’employeur concerné. La régularisation doit être reconstituée période par période.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
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