Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Un contrat à temps partiel inférieur à 24 heures doit reposer sur une dérogation valable pour éviter un risque de rappel de salaire.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 24 septembre 2026.
Un employeur peut-il prévoir un contrat à temps partiel de 10, 12 ou 20 heures par semaine ? En principe, un salarié à temps partiel bénéficie d’une durée minimale de travail, fixée par la convention ou l’accord de branche étendu applicable ou, à défaut, par le Code du travail.
Lorsque la durée minimale légale de 24 heures par semaine s’applique et qu’aucune dérogation valable ne permet de travailler moins, la conclusion d’un contrat inférieur à ce seuil expose l’employeur à un rappel de salaire. En revanche, cette irrégularité n’entraîne pas, à elle seule, la requalification du contrat en temps complet.
La distinction est essentielle : un contrat de 12 heures conclu irrégulièrement ne devient donc pas automatiquement un contrat de 35 heures. Le salarié peut toutefois demander que ses droits soient calculés sur la durée minimale qui aurait dû lui être garantie.
L’essentiel à retenir
À défaut de dispositions conventionnelles fixant une autre durée minimale, l’article L. 3123-27 du Code du travail prévoit une durée minimale de 24 heures par semaine pour le salarié à temps partiel. Elle peut également être exprimée sous la forme de son équivalent mensuel ou de l’équivalent calculé sur une période d’aménagement du temps de travail prévue par accord collectif. Légifrance
L’équivalent mensuel de 24 heures hebdomadaires correspond à 104 heures par mois.
Point de vigilance
Les 24 heures constituent la durée minimale légale applicable à défaut de dispositions conventionnelles spécifiques. Avant de rédiger un contrat à temps partiel, il faut donc toujours vérifier la convention collective et les accords de branche applicables.
Oui. Une convention ou un accord de branche étendu peut fixer une durée minimale de travail inférieure au seuil légal de 24 heures.
Lorsque la branche retient une durée inférieure, elle doit notamment prévoir des garanties relatives à la régularité des horaires ou permettant au salarié de cumuler plusieurs activités. Légifrance
Un contrat de 20 heures hebdomadaires peut donc être parfaitement conforme dans une branche ayant valablement fixé ce seuil. À l’inverse, la même durée peut être irrégulière dans une branche ne prévoyant aucune dérogation conventionnelle.
Le Code du travail prévoit plusieurs situations permettant de déroger à la durée minimale. Légifrance
Lorsque la dérogation repose sur des contraintes personnelles ou le cumul de plusieurs activités, la demande du salarié doit être écrite et motivée.
Le conseil CYCLO RH
Ne demandez pas au salarié de signer après coup une attestation indiquant qu’il souhaitait travailler moins de 24 heures. Lorsqu’une dérogation repose sur sa demande, celle-ci doit être réelle, écrite, motivée et conservée dans son dossier.
Lorsque la durée minimale applicable n’est pas respectée et qu’aucune dérogation valable ne peut être invoquée, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes afin de demander un rappel de salaire correspondant à la différence entre sa durée contractuelle et la durée minimale qui aurait dû lui être garantie.
Dans son arrêt du 22 mai 2024, la Cour de cassation a précisément distingué la question du rappel de salaire de celle de la requalification à temps complet. Elle a censuré l’arrêt qui avait rejeté la demande de rappel de salaire du salarié au titre du non-respect de la durée minimale, tout en refusant la requalification automatique de son contrat en temps complet. Légifrance
Le rappel de salaire peut également entraîner le versement des congés payés afférents. Selon les règles applicables dans l’entreprise, la régularisation peut en outre avoir des conséquences sur certaines primes ou éléments calculés à partir du salaire de base.
En pratique
Un salarié engagé à 12 heures par semaine alors que le minimum applicable est de 24 heures et qu’aucune dérogation valable n’existe ne réclame pas automatiquement un salaire correspondant à 35 heures. La régularisation porte en principe sur l’écart entre 12 heures et 24 heures.
Dans un jugement rendu en 2025, un conseil de prud’hommes a examiné la situation d’un salarié embauché à temps partiel à raison de 20 heures par semaine. L’employeur soutenait que cette durée inférieure au minimum légal résultait d’une demande du salarié liée au cumul de plusieurs activités.
Le Conseil a toutefois constaté qu’aucune demande écrite et motivée du salarié permettant de justifier cette dérogation n’était produite. L’employeur a notamment été condamné à verser un rappel de salaire correspondant à la durée minimale de travail applicable, ainsi que les congés payés afférents.
Cette décision illustre l’importance de pouvoir démontrer le fondement juridique d’une durée contractuelle inférieure au minimum applicable. Une simple affirmation selon laquelle le salarié aurait souhaité travailler moins ne remplace pas la demande écrite et motivée exigée lorsque la dérogation repose sur sa situation personnelle.
Non. La Cour de cassation l’a expressément affirmé dans son arrêt du 22 mai 2024 : la seule conclusion d’un contrat à temps partiel prévoyant une durée inférieure à la durée minimale de 24 heures n’entraîne pas sa requalification en contrat à temps complet.
Il faut donc distinguer deux mécanismes :
Point de vigilance
Il serait donc incorrect d’affirmer qu’un contrat inférieur à 24 heures est automatiquement requalifié à 35 heures. Une éventuelle requalification à temps complet doit reposer sur les règles propres au temps partiel et sur les circonstances du dossier.
Le calcul consiste à comparer la durée rémunérée en application du contrat avec la durée minimale qui aurait dû être appliquée.
| Élément | Exemple |
|---|---|
| Durée prévue au contrat | 12 h par semaine |
| Durée minimale applicable | 24 h par semaine |
| Écart à régulariser | 12 h par semaine |
| Rappel principal | Écart horaire × taux de salaire applicable |
| Congés payés | À ajouter selon les règles applicables au rappel |
Le calcul réel doit tenir compte des variations de salaire, des éventuels avenants, des périodes d’absence et des changements intervenus pendant la période concernée.
Certaines primes assises sur le salaire ou la durée du travail peuvent également devoir être recalculées. Leur traitement dépend cependant de leur source et de leurs règles de calcul : il ne faut donc pas appliquer automatiquement une régularisation identique à toutes les primes.
Une demande de rappel de salaire est soumise à la prescription triennale. L’article L. 3245-1 du Code du travail prévoit que l’action en paiement du salaire se prescrit par trois ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d’agir.
Lorsque le contrat est rompu, la demande peut porter sur les sommes dues au titre des trois années précédant la rupture du contrat. Légifrance
Le montant d’un contentieux peut donc rapidement devenir significatif lorsqu’une durée contractuelle très faible a été maintenue pendant plusieurs années.
Avant de rédiger ou de modifier un contrat à temps partiel inférieur à 24 heures, l’employeur doit sécuriser le fondement de cette durée.
Le conseil CYCLO RH
La mention d’une durée inférieure à 24 heures dans le contrat ne suffit jamais, à elle seule, à sécuriser la dérogation. Il faut être capable d’identifier précisément son fondement : accord de branche, exception légale ou demande valable du salarié.
Une durée de travail mal définie peut produire des conséquences financières plusieurs années après la signature du contrat. La vérification doit intervenir dès l’embauche, mais également lors de chaque avenant modifiant la durée du travail.
CYCLO RH vous accompagne dans la rédaction de vos contrats de travail et avenants afin de vérifier la durée applicable, les dérogations possibles et les mentions nécessaires.
Un audit et contrôle de paie peut également permettre d’identifier les contrats à temps partiel à risque et d’évaluer les régularisations éventuellement nécessaires.
Oui, mais uniquement si une disposition conventionnelle ou une dérogation légale permet cette durée, ou si une demande valable du salarié permet de descendre sous le minimum normalement applicable.
Non. Il faut d’abord vérifier la convention collective et les différentes dérogations prévues par la loi. Une durée inférieure peut être parfaitement régulière lorsqu’elle repose sur un fondement valable.
Dans certaines hypothèses, oui. Lorsque la dérogation repose sur des contraintes personnelles ou le cumul de plusieurs activités, la demande doit notamment être écrite et motivée.
Non. La Cour de cassation a précisé que cette seule irrégularité n’entraîne pas la requalification automatique du contrat en temps complet.
Lorsque la durée minimale applicable n’a pas été respectée sans dérogation valable, il peut notamment demander un rappel de salaire correspondant à la différence avec cette durée minimale, ainsi que les congés payés afférents.
Les créances salariales sont soumises à une prescription de trois ans, appréciée selon les règles prévues par le Code du travail et la situation du contrat au moment de la demande.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH vérifie la convention collective, le fondement de la durée retenue et son traitement en paie afin de sécuriser vos contrats à temps partiel et d’anticiper les risques de régularisation.