Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Lors d’une fermeture annuelle, certains salariés récemment embauchés peuvent ne pas disposer de suffisamment de congés payés pour couvrir toute la période.

Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 7 octobre 2026.
La fermeture annuelle et les congés payés peuvent poser une difficulté lorsqu’un salarié ne dispose pas encore de suffisamment de jours acquis pour couvrir toute la période. La situation concerne notamment les salariés récemment embauchés lorsque l’entreprise ferme plusieurs jours ou plusieurs semaines.
En cas de fermeture annuelle, les congés payés déjà acquis peuvent être utilisés, mais ils ne suffisent pas toujours. Une réponse du ministère du Travail publiée le 24 septembre 2026 rappelle alors les solutions possibles : jours non rémunérés dans certaines situations, congés payés pris par anticipation avec l’accord de l’employeur ou, pour certains salariés ayant récemment retrouvé un emploi, aide pour congés non payés versée par France Travail.
Pour l’employeur, il faut donc anticiper la fermeture, vérifier le compteur de chaque salarié et distinguer précisément les jours couverts par des congés payés de ceux qui ne le sont pas. Une mauvaise interprétation peut conduire aussi bien à une retenue de salaire injustifiée qu’à la rémunération de jours qui n’ont pas à être pris en charge.
L’essentiel à retenir
Oui. Une entreprise peut organiser une fermeture collective pour congés payés. La période de prise des congés et l’ordre des départs peuvent être déterminés par un accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, par une convention ou un accord de branche. Légifrance
En l’absence de dispositions conventionnelles applicables, l’employeur détermine la période de prise des congés et l’ordre des départs après avis du comité social et économique lorsqu’il existe.
La période de prise des congés doit être portée à la connaissance des salariés au moins deux mois avant son ouverture. L’ordre des départs doit, quant à lui, être communiqué à chaque salarié un mois avant son départ. Légifrance
Le conseil CYCLO RH
N’attendez pas les semaines précédant la fermeture pour contrôler les compteurs. Dès que les dates sont arrêtées, identifiez les salariés dont les droits risquent de ne pas couvrir toute la période : nouveaux embauchés, salariés ayant connu certaines absences ou salariés dont le compteur est déjà fortement consommé.
La difficulté concerne fréquemment un salarié embauché peu de temps avant la fermeture annuelle. Il peut avoir commencé à acquérir des congés payés sans disposer encore d’un nombre de jours suffisant pour couvrir toute la période de fermeture.
La réponse du ministère du Travail publiée le 24 septembre 2026 confirme que, lorsque le salarié ne dispose pas de suffisamment de droits pour couvrir la fermeture dans la limite de la durée légale annuelle, plusieurs situations doivent être distinguées.
| Situation | Traitement possible | Conséquence |
|---|---|---|
| Droits acquis suffisants | Prise des congés payés disponibles | Indemnisation normale des congés payés |
| Droits acquis insuffisants | Jours non couverts laissés sans rémunération | Retenue correspondant à la période non indemnisée |
| Accord pour des congés anticipés | Utilisation de droits non encore acquis | Maintien d’une rémunération au titre des congés accordés |
| Salarié éligible à l’aide France Travail | Demande d’aide pour congés non payés | Compensation financière selon les conditions du dispositif |
Point de vigilance
L’expression « congé sans solde » est souvent utilisée pour les jours non couverts. Dans le contexte particulier d’une fermeture collective imposée par l’entreprise, il faut surtout retenir la conséquence pratique : le contrat n’est pas exécuté pendant la fermeture et les jours dépourvus de droits à congés peuvent ne pas être rémunérés. Cette situation ne doit pas être confondue avec un congé sans solde demandé volontairement par le salarié pour convenance personnelle.
En principe, non. La réponse ministérielle rappelle que, si le salarié n’a pas acquis suffisamment de droits pour couvrir toute la fermeture, l’employeur n’a pas l’obligation de prendre en charge sa rémunération pour les jours restant sans droit, dès lors que la fermeture demeure dans la limite de la durée des congés légaux annuels.
Il faut toutefois systématiquement vérifier la convention collective, un accord d’entreprise ou toute autre disposition applicable. Une règle conventionnelle plus favorable peut prévoir une indemnisation ou un dispositif spécifique.
Une entreprise ferme pendant 10 jours ouvrés. Au moment de la fermeture, un salarié récemment embauché ne dispose que de 4 jours ouvrés de congés payés pouvant être utilisés.
Les 4 jours disponibles peuvent être indemnisés comme congés payés. Pour les 6 jours restants, plusieurs solutions doivent être examinées : absence non rémunérée, congés accordés par anticipation ou éventuelle aide France Travail si le salarié remplit les conditions du dispositif.
En pratique
Avant d’appliquer une retenue, vérifiez le compteur réellement disponible à la date de fermeture. Un salarié peut avoir acquis davantage de jours qu’un simple raisonnement fondé sur des mois civils complets ne le laisse penser.
À lire également
Pour vérifier précisément les droits disponibles avant une fermeture : Congés payés : comment calculer les jours acquis et appliquer l’arrondi légal ?.
Il faut d’abord distinguer deux situations souvent confondues.
Le Code du travail prévoit que les congés peuvent être pris dès l’embauche. Un salarié n’a donc pas à attendre la fin de la période de référence pour utiliser des jours qu’il a déjà acquis, sous réserve des règles applicables à la fixation des congés. Légifrance
Utiliser en août des jours déjà acquis depuis l’embauche ne constitue donc pas, juridiquement, une avance sur des droits futurs : les jours existent déjà dans le compteur.
La question est différente lorsque les droits disponibles ne suffisent toujours pas. La réponse ministérielle rappelle que le salarié peut alors prendre des congés payés par anticipation avec l’accord de son employeur.
L’employeur n’a donc pas à accorder automatiquement une avance correspondant à tous les jours manquants. Lorsqu’une telle solution est retenue, il est prudent de formaliser clairement le nombre de jours concernés afin que leur traitement dans le compteur de congés et sur les bulletins suivants soit parfaitement identifiable.
Le conseil CYCLO RH
Ne qualifiez pas automatiquement de « congés anticipés » tous les congés pris par un nouvel embauché. Commencez par vérifier les jours effectivement acquis à la date de départ. Seule la partie dépassant ces droits constitue réellement une avance sur des droits futurs.
Un dispositif spécifique peut atténuer la perte de salaire pour certains salariés qui retrouvent un emploi puis sont rapidement confrontés à une fermeture de leur nouvelle entreprise : l’aide pour congés non payés de France Travail.
France Travail indique notamment que l’aide peut concerner une personne ayant été indemnisée au titre de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) ou de l’allocation de sécurisation professionnelle (ASP), ayant repris un emploi dans une entreprise qui ferme pour congés avant qu’elle ait pu acquérir suffisamment de droits et qui n’est plus inscrite comme demandeur d’emploi. France Travail
L’employeur doit établir une attestation précisant la durée de fermeture de l’entreprise et les droits à congés payés acquis. Le salarié effectue ensuite sa demande auprès de France Travail.
Le montant de l’aide tient compte du nombre de jours ouvrables de fermeture et des congés payés éventuellement acquis au titre de l’emploi en cours. Le dispositif repose notamment sur l’article 37 du règlement d’assurance chômage. Légifrance
Point de vigilance
Cette aide n’est pas un mécanisme général permettant à tous les nouveaux salariés de faire financer leurs jours manquants par France Travail. Elle répond à des conditions précises liées notamment à une précédente indemnisation chômage et à la reprise d’un emploi. L’éligibilité doit donc être vérifiée au cas par cas.
Il ne faut pas confondre l’insuffisance individuelle de droits d’un salarié avec une autre situation : celle dans laquelle l’établissement ferme lui-même pendant une durée supérieure aux congés légaux annuels.
Dans ce second cas, l’article L. 3141-31 du Code du travail impose à l’employeur de verser, pour chaque jour ouvrable de fermeture dépassant la durée des congés légaux annuels, une indemnité qui ne peut être inférieure à l’indemnité journalière de congés. Légifrance
La logique est donc différente : l’employeur n’a pas à rémunérer systématiquement un nouvel embauché parce que son compteur personnel est insuffisant, mais il ne peut pas non plus prolonger la fermeture de l’établissement au-delà des congés légaux sans supporter les conséquences financières prévues par le Code du travail.
Le traitement doit être préparé salarié par salarié. Une même fermeture collective peut produire des conséquences différentes selon la date d’embauche, les droits acquis, les congés déjà consommés, les éventuelles dispositions conventionnelles et la décision prise concernant les jours manquants.
En pratique
Pour un nouvel embauché, le contrôle doit idéalement être réalisé avant même la signature du contrat lorsque la fermeture est déjà connue. Informer le candidat de la fermeture programmée et de ses conséquences éventuelles évite de découvrir quelques semaines plus tard qu’une partie du premier mois de salaire ne sera pas rémunérée.
Une fermeture collective apparemment simple peut entraîner plusieurs traitements de paie différents au sein de la même entreprise : congés acquis, avance de congés, jours sans rémunération, nouvelle embauche ou dispositif spécifique lié à France Travail.
CYCLO RH peut intégrer ces situations dans l’externalisation de votre paie, en contrôlant les droits disponibles et leur traduction sur les bulletins de salaire.
L’externalisation de la gestion sociale permet également d’anticiper les fermetures, de suivre les compteurs de congés et de sécuriser les informations transmises aux salariés lors des embauches et des absences.
Oui. L’employeur peut organiser une fermeture collective et fixer les congés dans le respect des règles légales, conventionnelles, des éventuelles consultations du comité social et économique et des délais d’information applicables.
Pas nécessairement. Si ses droits acquis ne couvrent pas toute la fermeture, l’employeur n’est en principe pas tenu de rémunérer les jours manquants, sous réserve d’une disposition conventionnelle plus favorable ou d’une autre solution convenue.
Oui. Les jours déjà acquis peuvent être pris dès l’embauche dans le respect des règles de fixation des congés. Il n’est pas nécessaire d’attendre la fin de la période de référence pour utiliser des droits déjà constitués.
Non. Lorsque le salarié souhaite utiliser des droits qu’il n’a pas encore acquis, la prise de congés par anticipation suppose un accord avec l’employeur.
Non. L’aide pour congés non payés est réservée à certaines personnes ayant notamment repris un emploi après une période d’indemnisation et remplissant les autres conditions fixées par France Travail.
France Travail demande une attestation de l’employeur précisant notamment la durée de fermeture de l’entreprise et les droits à congés payés acquis par le salarié.
Oui. Avant d’appliquer une retenue pour les jours non couverts, il faut toujours vérifier si la convention collective ou un accord applicable prévoit une indemnisation ou des modalités particulières.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
CYCLO RH vous accompagne pour contrôler les droits à congés de vos salariés, anticiper les situations des nouveaux embauchés et appliquer correctement en paie les jours de fermeture rémunérés ou non rémunérés.