Écrit par
— CYCLO RH
Gestionnaire de paie freelance certifié Silae

Dans une société civile de moyens, le personnel partagé peut être employé directement par la SCM, qui assure alors ses obligations sociales.

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Gestionnaire de paie freelance certifié Silae
Informations juridiques et conventionnelles vérifiées au 24 octobre 2026.
Les salariés d’une SCM (société civile de moyens) travaillent souvent pour plusieurs professionnels libéraux qui partagent des locaux, un secrétariat ou des équipements. Mais cette organisation soulève une question décisive : qui est réellement leur employeur, la SCM ou chaque praticien ? La réponse détermine les contrats de travail, les bulletins de paie et les déclarations sociales.
La convention collective n’est pas davantage choisie en fonction des seules initiales « SCM ». Une société réunissant des médecins, une structure composée de chirurgiens-dentistes et une SCM pluridisciplinaire ne présentent pas nécessairement la même situation conventionnelle. Une erreur de rattachement peut affecter les minima salariaux, les primes, les absences et la prévoyance.
Ce guide explique comment identifier l’employeur des personnels mutualisés, déterminer les règles sociales applicables et organiser concrètement la paie, de l’embauche au départ d’un associé.
L’essentiel à retenir
La société civile de moyens permet à au moins deux professionnels libéraux de mutualiser des ressources : locaux, matériel, accueil, secrétariat ou personnel auxiliaire. Chaque associé conserve son activité, sa clientèle ou sa patientèle et ses honoraires. La SCM ne réalise pas elle-même les actes professionnels des associés. Service Public
Le cadre juridique figure désormais à l’article 38 de l’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, en vigueur depuis le 1er septembre 2024. Cet article a remplacé, pour les SCM, l’ancien dispositif de l’article 36 de la loi du 29 novembre 1966, abrogé. Légifrance
La SCM peut donc recruter une secrétaire, un agent d’entretien ou un autre salarié nécessaire aux moyens communs. La mise en commun du coût du personnel ne signifie pas pour autant que tous les associés deviennent automatiquement les employeurs signataires de ce salarié.
Lorsque la SCM embauche en son nom, c’est la société, personne morale distincte des associés, qui est l’employeur. Son gérant ou une personne régulièrement habilitée agit pour elle : signature du contrat, gestion des absences, paiement du salaire et accomplissement des formalités sociales.
Les praticiens bénéficiaires du secrétariat peuvent donner des instructions de travail dans le cadre de l’organisation convenue. Toutefois, les décisions relevant du pouvoir de l’employeur, notamment les sanctions ou les modifications contractuelles, doivent être prises dans un cadre juridiquement cohérent avec le contrat et les pouvoirs attribués.
Si le contrat a été conclu directement par un médecin, un dentiste ou un autre professionnel, ce praticien peut rester le seul employeur, même si le salarié travaille dans des locaux partagés. L’existence ultérieure d’une SCM ne transfère pas, à elle seule, le contrat de travail à cette société.
Il faut confronter le contrat, les bulletins, la DPAE, le versement du salaire et l’exercice réel des prérogatives patronales. En cas de documents contradictoires, la qualification ne doit pas être déduite uniquement de l’identité du payeur ou de l’adresse professionnelle.
Point de vigilance
Ne créez pas un dossier de paie au nom de la SCM au seul motif que les associés se répartissent la charge salariale. Il faut d’abord identifier l’employeur réel et l’entité déclarée. Une incohérence peut affecter les droits du salarié, les déclarations et la responsabilité en cas de rupture.
L’article L. 2261-2 du Code du travail retient en principe la convention collective correspondant à l’activité principale exercée par l’employeur. La dénomination SCM, le code APE ou le métier exercé par un salarié ne suffisent pas, isolément, à choisir l’IDCC. Légifrance
Pour les salariés d’une SCM, ce raisonnement exige une précaution supplémentaire : la société mutualise des moyens sans exercer directement la profession libérale de ses membres. Il faut donc examiner l’activité effectivement organisée, la profession ou les professions concernées, et surtout le champ d’application précis de chaque convention.
La convention collective du personnel des cabinets médicaux (IDCC 1147) vise les employeurs exerçant la médecine libérale, sous quelque forme que ce soit, ainsi que certaines structures de soins expressément mentionnées dans son article 1er. Une SCM constituée pour mutualiser le personnel d’un cabinet médical peut donc relever de ce champ, sous réserve de l’analyse de son activité et de sa situation. Légifrance
Une structure mutualisant les moyens de cabinets dentaires libéraux peut relever de la convention collective des cabinets dentaires (IDCC 1619), selon son champ d’application et la situation effective de l’employeur. Les classifications d’assistant dentaire, d’aide dentaire, de réceptionniste ou de secrétaire technique ne doivent pas être appliquées sans vérification des fonctions et des conditions prévues par la branche. Légifrance
Une SCM peut réunir, par exemple, un médecin, un masseur-kinésithérapeute et un infirmier libéral. Il serait dangereux de retenir mécaniquement l’IDCC 1147 au seul motif qu’un médecin est associé, ou d’appliquer plusieurs conventions à une même secrétaire selon les patients accueillis.
Dans une SCM interprofessionnelle, le rattachement doit être motivé à partir des faits et des textes. Si aucune convention étendue ne couvre effectivement l’activité de l’employeur, le Code du travail demeure applicable, avec les dispositions contractuelles, accords ou engagements éventuellement opposables. Il ne faut ni inventer une convention obligatoire ni utiliser par défaut celle qui semble la plus avantageuse.
Le conseil CYCLO RH
Avant de sélectionner l’IDCC dans Silae ou dans tout autre logiciel, conservez une note de rattachement mentionnant les professions des associés, l’activité réelle de la SCM, le champ des conventions étudiées et la justification du choix. Réexaminez-la lors d’un changement significatif de l’activité ou de la composition de la société.
Les cas suivants permettent d’orienter le contrôle. Ils ne constituent pas une attribution automatique de convention : l’identité de l’employeur et le champ conventionnel doivent toujours être vérifiés.
| Organisation constatée | Piste conventionnelle | Contrôle déterminant |
|---|---|---|
| SCM de médecins employant une secrétaire | Cabinets médicaux, IDCC 1147 | Contrat au nom de la SCM et adéquation au champ conventionnel |
| SCM de chirurgiens-dentistes employant du personnel partagé | Cabinets dentaires, IDCC 1619 | Activité de l’employeur, classification réelle et règles professionnelles |
| SCM pluriprofessionnelle avec accueil commun | Rattachement à étudier, sans IDCC automatique | Activité principale, conventions candidates et éventuels engagements existants |
| Praticien employeur direct dans des locaux communs | Convention correspondant à son activité | Contrat, DPAE et bulletins établis au nom du praticien |
En particulier, les salariés d’une SCM n’ont pas une convention différente pour chaque associé bénéficiaire lorsque la SCM est leur employeur unique. À l’inverse, plusieurs véritables relations de travail avec des employeurs distincts doivent être traitées comme telles.
Un contrat signé par la SCM doit désigner clairement la société employeuse, son représentant, le poste, la rémunération, le lieu de travail et les horaires convenus. Lorsque le salarié intervient pour plusieurs praticiens, il est utile de décrire le périmètre des tâches et l’organisation de l’autorité quotidienne, sans créer d’ambiguïté sur l’employeur.
Une secrétaire peut gérer l’accueil téléphonique commun, les rendez-vous de plusieurs cabinets et des tâches administratives réparties entre les associés. Il faut cependant organiser les plannings, les remplacements, les congés et les éventuels dépassements horaires à l’échelle de son contrat de travail, et non additionner des instructions contradictoires de chaque praticien.
Si la SCM est l’employeur unique, le temps consacré aux différents associés compose un seul temps de travail contractuel. Une secrétaire à 24 heures hebdomadaires peut, par exemple, consacrer 12 heures à un praticien, 8 à un autre et 4 à l’accueil commun : cette répartition interne ne crée pas trois contrats.
Si, au contraire, la salariée possède réellement des contrats avec plusieurs employeurs, chacun doit gérer sa propre paie, ses déclarations et ses obligations, en tenant compte notamment des règles relatives au cumul d’emplois et aux durées maximales de travail. Les règles particulières du temps partiel, notamment la durée minimale et les heures complémentaires, sont à examiner pour chaque relation.
Lorsque des professionnels de santé mutualisent leur secrétariat, la mise en commun des salariés ne crée pas un droit d’accès général à l’ensemble des dossiers médicaux. Les habilitations informatiques doivent correspondre aux missions confiées : la gestion des rendez-vous ou des données administratives ne justifie pas l’accès indifférencié aux informations de santé des patients de tous les praticiens. CNIL
En pratique
Désignez un interlocuteur chargé de centraliser les demandes des associés et de valider les éléments variables. Les consignes sur les horaires, les congés ou les heures complémentaires ne doivent pas dépendre de messages isolés reçus de plusieurs praticiens après la clôture de paie.
La paie dépend d’abord du bon employeur et de la bonne convention. Une fois ces éléments établis, il faut contrôler la classification, le minimum salarial, le temps de travail, l’ancienneté et les garanties de protection sociale selon les règles applicables. Les salariés d’une SCM ne bénéficient pas, du seul fait de cette forme sociale, d’une grille salariale spécifique.
Lorsque la SCM est l’unique employeur, elle établit un bulletin par salarié et par période de paie, sous son identité. Les appels de fonds ou les écritures répartissant le coût entre les associés sont des opérations internes, distinctes du calcul du salaire brut, des cotisations et du net à payer.
Exemple fictif : une SCM emploie une secrétaire dont le coût patronal mensuel total est de 2 700 €. Les associés ont convenu de prendre en charge respectivement 50 %, 30 % et 20 % des dépenses communes. La répartition comptable représente 1 350 €, 810 € et 540 €. Elle ne modifie ni le bulletin du salarié ni l’identité de l’employeur ; les clés de répartition doivent être conformes aux accords internes de la SCM.
Selon la convention effectivement applicable, la paie peut comporter des primes d’ancienneté, des éléments liés à la classification, des majorations d’heures, des maintiens conventionnels en cas d’absence ou des cotisations de prévoyance propres à la branche. Ces dispositifs ne doivent être activés que si leur fondement juridique est établi.
Le bulletin doit identifier correctement l’employeur et faire apparaître, lorsqu’elle s’applique, la convention collective pertinente. La présence d’un ancien IDCC sur un bulletin ne dispense pas de vérifier le rattachement réel, notamment après l’arrivée de nouveaux associés. Service Public
Point de vigilance
Un contrat ou des bulletins mentionnant volontairement une convention collective peuvent également produire des effets juridiques qu’il faut examiner avant toute correction. Ne remplacez pas rétroactivement l’IDCC sans analyser les droits déjà accordés, les engagements de l’employeur et les conséquences sur la rémunération.
Si la SCM recrute le salarié, la DPAE doit être effectuée pour cet employeur avant la prise de poste, dans le délai réglementaire, et non au nom d’un associé choisi par commodité. Elle peut être adressée au plus tôt huit jours avant l’embauche. Service Public
Le dossier social doit ensuite permettre d’identifier le SIRET de l’établissement employeur, son affiliation aux organismes concernés, le service de prévention et de santé au travail et les éventuelles caisses ou institutions de protection sociale complémentaire. Ces données doivent correspondre à celles utilisées sur les bulletins.
La DSN mensuelle transmet les rémunérations, les cotisations et les événements sociaux selon les informations produites par le logiciel de paie. Lorsqu’un tiers-déclarant intervient, la SCM reste l’employeur responsable de l’exactitude des informations communiquées et du respect de ses obligations. Service Public
La SCM employeuse doit également organiser la complémentaire santé collective lorsque cette obligation lui incombe, avec une participation patronale d’au moins 50 % de la cotisation dans le régime général et sous réserve des dispositions plus exigeantes de branche. Les dispenses admises doivent être justifiées. La prévoyance s’apprécie distinctement selon le texte applicable et le statut du salarié. Service Public
Le départ d’un médecin ou d’un autre associé ne met pas automatiquement fin au contrat des salariés d’une SCM lorsque la société continue d’être leur employeur. Il peut cependant nécessiter une nouvelle répartition des tâches, une adaptation des horaires ou une réorganisation des moyens communs.
Si l’organisation change au point d’envisager un transfert d’activité, la fermeture de la SCM ou un licenciement, il faut examiner la situation concrète et les règles applicables. L’article L. 1224-1 du Code du travail peut notamment entraîner la poursuite des contrats lorsqu’il existe une modification de la situation juridique de l’employeur répondant aux conditions légales ; ce transfert n’est pas automatique à chaque retrait d’associé. Légifrance
Avant tout changement de SIRET en paie ou émission de documents de rupture, vérifiez si l’employeur reste la même personne morale, si les contrats continuent et si les conditions de travail envisagées exigent l’accord individuel du salarié.
Pour fiabiliser les salariés d’une SCM dans un dossier de paie, le contrôle peut être organisé en trois temps : à la création, lors de chaque production mensuelle et après tout changement d’associé ou d’organisation.
| Moment | Pièces et données à contrôler | Erreur évitée |
|---|---|---|
| Création du dossier | Statuts et représentant de la SCM, contrat, DPAE, SIRET, activité principale, justification de l’IDCC | Employeur ou convention mal identifié |
| Chaque mois | Horaires consolidés, absences, primes, minimum salarial, cotisations et DSN | Heures oubliées ou rubriques conventionnelles erronées |
| Évolution de la SCM | Entrée ou retrait d’associé, affectation des salariés, modifications du contrat, organismes sociaux | Changement injustifié d’employeur ou perte de droits |
Le dernier contrôle consiste à rapprocher le total des salaires et charges du journal de paie avec le suivi comptable des frais communs. Une clé de répartition différente entre associés peut être parfaitement normale : en revanche, elle ne doit jamais modifier les salaires dus aux salariés ni les montants déclarés aux organismes sociaux.
À lire également
Pour approfondir les obligations conventionnelles des structures médicales : Convention collective des cabinets médicaux : salaires, primes et obligations.
Pour compléter avec les classifications, les primes et la protection sociale des personnels dentaires : Convention collective des cabinets dentaires (IDCC 1619) : règles, salaires et avantages.
Une SCM employeuse doit concilier l’organisation de plusieurs professionnels libéraux avec un suivi social unique et cohérent. CYCLO RH propose une externalisation de la paie adaptée à cette organisation : paramétrage des dossiers, production des bulletins, DSN et suivi des variables transmises par le représentant de la société.
Oui. Elle peut employer du personnel auxiliaire nécessaire aux moyens partagés. Le contrat, les formalités et les bulletins doivent alors être établis au nom de la SCM lorsqu’elle est effectivement employeuse.
Non. La convention des cabinets médicaux peut s’appliquer à certaines SCM, mais la forme juridique ne détermine pas l’IDCC. Il faut examiner l’activité de l’employeur et le champ conventionnel, particulièrement dans les SCM mixtes.
Non, si la SCM est son employeur unique. Les trois associés peuvent financer le poste selon leur convention de répartition des charges, sans fractionner les bulletins. La réponse diffère s’il existe réellement plusieurs employeurs et plusieurs contrats.
Une erreur de rattachement doit être analysée et corrigée lorsqu’une correction est juridiquement justifiée. Il faut auparavant apprécier les engagements contractuels, les avantages acquis et les effets sur les cotisations, la prévoyance et les droits des salariés.
Non. Si la SCM demeure l’employeur et poursuit son activité, le contrat continue en principe. Toute réorganisation ou rupture éventuelle exige une analyse autonome de ses motifs et de ses conséquences.
À propos de ces informations
Cet article fournit une information générale au regard des textes et sources disponibles à la date de vérification indiquée. Malgré le soin apporté à sa rédaction, certaines informations peuvent évoluer ou comporter des erreurs. Son contenu ne constitue pas une consultation juridique individualisée et doit être adapté à chaque situation particulière. Consulter nos mentions légales.
Une identification claire de l’employeur, un rattachement conventionnel justifié et des déclarations cohérentes facilitent la gestion des personnels partagés. Échangeons sur l’organisation de votre SCM.